Magna confirme la fermeture d'Opel Anvers

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Une usine fermera dans le cadre de la reprise d'Opel par Magna et selon Siegfried Wolf, patron de Magna, c'est Anvers qui en fera les frais, a précisé lundi l'agence DPA.

Lors d'une conférence de presse, le président de l'équipementier canadien Magna, qui a repris Opel la semaine dernière, a confirmé que l'usine du groupe qui allait fermer était Opel Anvers. Présent au salon de l'auto de Francfort, le CEO de Magna a également déclaré que des alternatives étaient à l'étude. Il n'a pas donné de précisions sur le type d'alternatives. C'est la première fois qu'un dirigeant de Magna se prononce sur l'avenir d'Opel Anvers. La semaine dernière, le négociateur principal de General Motors dans le cadre de la vente d'Opel, avait déjà annoncé une fermeture.

10 500 emplois supprimés

L'équipementier canadien Magna prévoit donc  la suppression de 10 500 emplois en Europe, dont 4 000 en Allemagne, chez Opel et Vauxhall (la marque active en Grande-Bretagne), dont il va racheter la majorité à l'américain General Motors. Ces chiffres sont un peu plus élevés que les estimations circulant jusque-là.

Le coprésident de Magna Siefried Wolf a confirmé lundi des chiffres parus dans la presse ce week-end. Jusqu'ici, Magna avait indiqué qu'il pourrait supprimer environ 10 000 des 50 000 emplois des anciennes filiales européennes du constructeur américain General Motors (GM).

Le CEO de Magna, Siegfried Wolf, a précisé à Francfort, lors de la présentation du salon de l'automobile, que la société allait rechercher des alternatives pour Opel Anvers.

GM a annoncé jeudi son intention de vendre ses 55% du capital d'Opel à une alliance formée par Magna et la banque russe Sberbank, comme le souhaitait Berlin. Les autorités allemandes estimaient que le plan de reprise de Magna était le mieux à même de préserver des emplois. La moitié des 50 000 salariés d'Opel sont basés en Allemagne.

En mai, les autorités allemandes ont accordé un prêt de 1,5 milliard d'euros à Opel. Elles sont prêtes à verser 4,5 milliards supplémentaires une fois la cession achevée, en novembre.

Cette aide prévue du gouvernement allemand à Opel a déclenché lundi une vague de protestations des pays européens où des sites du constructeur sont menacés de fermeture.

La Grande-Bretagne a ainsi demandé à la Commission européenne de s'assurer que la reprise d'Opel par l'équipementier canadien Magna ne favoriserait pas les usines allemandes au détriment de celles des autres pays. Mais Siegfried Wolf a indiqué que le seul site menacé de fermeture était l'usine belge d'Anvers.

L'ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt a demandé au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, de s'assurer que l'accord de cession d'Opel ne pénaliserait ni la Belgique ni le Royaume-Uni.

Première réaction politique

La Flandre a laissé passer les chances de réorienter le secteur automobile au cours de la dernière décennie, a jugé lundi le chef de groupe Groen! au parlement flamand, Filip Watteuw. Le député écologiste a rappelé une résolution votée en 1998 qui demandait au gouvernement flamand d'encadrer une réorientation stratégique du secteur automobile. Elle réclamait notamment des investissements accrus dans la formation.
"Pendant plus de dix ans, on n'a rien fait. Il est temps de lancer un plan Marshall pour écologiser le secteur automobile. C'est le seul avenir qui s'offre au secteur en Flandre", a-t-il souligné.

Le chef du groupe libéral au sein du Parlement européen, l'ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, a vivement dénoncé lundi la lenteur de réaction de la Commission européenne dans la restructuration du constructeur automobile Opel qui va fermer son usine d'Anvers.
"La Commission n'a pas réagi suffisamment rapidement! ", a affirmé lundi soir M. Verhofstadt en ouverture de la session plénière à Strasbourg devant les commissaires Neelie Kroes (en charge de la Concurrence) et Vladimir Spidla (Emploi). "Elle n'aurait pas dû laisser un seul Etat membre (l'Allemagne, ndlr) s'en occuper", a-t-il ajouté, appelant l'exécutif européen à mener dorénavant un "enquête sérieuse" sur l'accord conclu entre l'équipementier canadien Magna et le gouvernement allemand. Selon M. Verhofstadt, il est évident que cet accord entre Magna et le gouvernement allemand est animé par des raisons économiques "mais aussi politiques", a-t-il lancé.

 

(Belga)

 

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