Made in Belgium: Lebeau-Courally, un fusil, un bijou ou une oeuvre d'art?

Made in Belgium: lebeau Courally
Made in Belgium: lebeau Courally - © RTBF

Lebeau-Courally, c'est une référence absolue en matière d'armes de chasse. La qualité de ces fusils est reconnue bien au-delà de nos frontières. L’atelier liégeois réalise sur mesure des fusils que s'arrachent les familles royales et autres chasseurs fortunés… Des centaines d'heures de travail pour un résultat toujours unique.

Au début du 20ème siècle, la région liégeoise comptait 200 manufactures d’armes. Elles ont presque toute disparus… mais pas la maison Lebeau-Courally... Auguste Lebeau est un armurier connu dans la région, il fonde son atelier en 1865.
Depuis, la maison a fourni les cours  d’Espagne ou des Pays Bas, des ambassadeurs, ou encore Steven Spielberg.

Pour satisfaire ces clients aussi prestigieux qu'exigeants, la production est artisanale. Chaque pièce est unique, fabriquée sur mesure, et nécessite  des centaines d'heures de travail...

Le client choisit  son morceau de bois (toujours du noyer) mais aussi le quadrillage,  la longueur du canon, les gravures qui décoreront le fusil.

Une femme parmi les hommes

Onze hommes travaillent ici, presque tous formés à l'école d'armurerie de Liège. Mais c'est une femme qui dirige la maison. Anne-Marie Moeremans a grandi dans ces murs… elle commence à travailler à 15 ans, à 30, elle reprend la direction de l’entreprise. Anne-Marie a su s'imposer dans un univers presque exclusivement masculin, grâce à sa passion pour les armes. " Pour faire un fusil il faut plus de temps que pour faire un enfant. Donc on a le temps de le voir grandir, de le voir s’épanouir, voir de quoi on part pour arriver à un bijou une fois terminé… ça reste magique, tout simplement "

La directrice reçoit chaque client en personne. Des clients qui de temps à autre, viennent voir l'avancée de leur bijou à l’atelier. Henri Van eeckoudt a commandé son fusil il y a un an et demi…" Je suis impatient… Je compte les jours ! Je viens d’apprendre qu’il sera prêt pour septembre… de cette année-ci ! " Se réjouit Henri.

Dernière étape: la gravure

Son arme doit maintenant passer à  la gravure, la finition. Une étape qui demande  patience, minutie et passion, témoigne Jean-Marie Mertens, graveur. " Pour arriver à un bon niveau il faut que cela devienne une passion. Cela demande beaucoup de travail, des années de recherche "

Ils sont trois à travailler à l'atelier. Ils s'adaptent aux choix des clients. Ceux-ci choisissent les dessins qu'ils souhaitent voir sur leur arme. Souvent des scènes de chasse, parfois des portraits, nous explique Tony Duranti, il travaille depuis 46 ans dans la maison. Il a commencé à l'âge de 16 ans. Aujourd'hui, il est chef d'atelier. " On donne des délais de gravure de 2, 3, 5 ans… tout dépend du choix du client, de la sophistication qu’il souhaite "

Ce luxe  a un prix.  il faut compter 60 000 euros pour une arme d'entrée de gamme, mais les prix peuvent grimper jusqu'à 300 000 euros. La maison en fabrique  une trentaine chaque année et réalise un chiffre d'affaire annuel d'un million d'euros.

Une fois terminés, tous les fusils sont soumis au banc d’épreuves de Liège. Et c'est apres cela qu'il seront livrées aux  chasseurs passionnés principalement en l'Europe de l'Ouest,c'est  le marché premier de lebeau Courally, mais aussi dans les pays de l'est, en Russie ou aux Etats-Unis.

RTBF

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

Recevoir