Projet de refondation de l'Europe: ce que veut Macron

Le président français, Emmanuel Macron - ici le 26 septembre 2017 à La Sorbonne, à Paris - propose une taxe européenne sur les transactions financières affectée à l'aide au développement
Le président français, Emmanuel Macron - ici le 26 septembre 2017 à La Sorbonne, à Paris - propose une taxe européenne sur les transactions financières affectée à l'aide au développement - © ludovic MARIN

Lors d'un discours à l'Université de la Sorbonne, à Paris, le président français Emmanuel Macron a présenté à nouveau son projet d'une Europe à plusieurs formats. D'entrée de jeu, il a qualifié l'Europe de "trop faible, trop lente, trop inefficace" mais a ajouté qu'il était essentiel de la relancer face aux "grands défis" du monde. D'où de nombreuses propositions :

  • Le président a proposé mardi de créer au niveau européen "une taxe sur les transactions financières", qui serait "affectée intégralement à l'aide" au développement. "Il y a deux pays en Europe qui ont une taxe sur les transactions financières", la France et la Grande-Bretagne. "Prenons cette taxe, généralisons-la à l'ensemble de l'Europe", a-t-il lancé, en présentant une série de propositions pour relancer le projet européen.
  • Il a également confirmé sa volonté de créer un budget de la zone euro, piloté par un ministre des Finances et contrôlé par un Parlement, en assurant que son idée "n’est pas de mutualiser nos dettes du passé" et "n’est pas de régler les problèmes de finances publiques d’un Etat ou de l’autre".
  • Il propose également de créer une Agence européenne pour l'innovation, capable de financer en commun des champs de recherche nouveaux, comme l'intelligence artificielle. Il a cité pour modèle l'agence américaine de recherche militaire DARPA, agence du département de la Défense des États-Unis chargée de la recherche et développement des nouvelles technologies, qui dans les années 1970 a été à l'origine de la création d'internet.
  • Dans un "esprit pionnier", il souhaite un nouveau partenariat avec l'Allemagne, afin que les deux pays unifient leurs marchés appliquent les mêmes règles à leurs entreprises, au droit des affaires et au droit des faillites. Dans cet esprit il a souhaité "réviser le Traité de l’Elysée" - conclu en 1963 par Charles de Gaulle et Konrad Adenauer et qui scellait la réconciliation entre la France et la République fédérale d’Allemagne.
  • Concernant l'environnement, il voudrait que l'Europe soit à "l'avant-garde" de la transition écologique, en créant une taxe carbone à ses frontières. L'Europe doit aussi aider les investissements qui favorisent la transition écologique, notamment en donnant un prix "juste" au carbone, "un vrai prix unique" et "significatif".
  • Emmanuel Macron a appelé à une politique agricole européenne commune plus souple et moins bureaucratique pour favoriser une "grande transition agricole", assurer la souveraineté alimentaire de l'Europe et mieux en protéger les agriculteurs. Il souhaiter que puisse être ouverte "de manière décomplexée et inédite une politique agricole commune", qui serait "l'instrument de la transition agricole" et "de la souveraineté (de l'Europe) face aux grands défis de la mondialisation". L'objectif de cette nouvelle politique agricole est tout d'abord de "protéger" les Européens, en particulier "face à la volatilité des marchés mondiaux qui pourrait mettre en péril (leur) souveraineté alimentaire", a-t-il expliqué.

Extrait du discours d'Emmanuel Macron: "L'Europe que nous connaissons est trop faible, trop lente, trop inefficace"

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