Lufthansa va acquérir début 2017 les parts restantes de Brussels Airlines

Lufthansa détient déjà 45% de Brussels Airlines.
Lufthansa détient déjà 45% de Brussels Airlines. - © VIRGINIE LEFOUR - BELGA

Le conseil de surveillance de Lufthansa a approuvé ce mercredi la reprise totale de Brussels Airlines. La compagnie allemande détient déjà 45% de la compagnie belge. Les 55% restants de SN Airholding, le holding qui chapeaute Brussels Airlines, seront acquis, via l'option d'achat, au début de 2017.

Le dossier n'est cependant pas encore finalisé. Bien que la société n'en ait pas besoin, Lufthansa essaie d'obtenir l'approbation des actionnaires belges, qui ont lancé la compagnie après la faillite de la Sabena en 2001.

Mais Lufthansa n'a pas souhaité commenter davantage la décision de rachat, ce mercredi. Elle s'est contentée de privilégier une "transaction négociée collectivement, dans laquelle tant nous (Lufthansa, ndlr) que les actionnaires se retrouvent", des mots d'un porte-parole de la société allemande.

Quelles modalités doivent précisément être réglées et quels sont les points d'achoppement n'a pas été précisé, ni même le prix proposé aux actionnaires.

En 2008, Brussels Airlines et Lufthansa s'étaient accordés sur un montant maximal de 250 millions d'euros pour la compagnie belge. Pour les premiers 45%, Lufthansa avait déboursé 65 millions d'euros. Le prix pour les 55% restants s'élèverait donc à 185 millions maximum. Mais en raison d'un prêt de Lufthansa à Brussels Airlines, les Allemands pourraient acquérir la compagnie pour 2,6 millions d'euros.

"Spécificités" de Brussels Airlines

"Les nouvelles discussions entre Lufthansa et Brussels Airlines avec les actionnaires et toutes les parties concernées auront lieu au mois d'octobre", a indiqué Brussels Airlines dans un communiqué. Ces négociations "auront pour but de confirmer dans le futur les spécificités de Brussels Airlines ainsi que la croissance de ses activités assurant le maintien d'emplois en Belgique". Par spécificités, la compagnie entend son business-model comprenant par exemple son réseau africain et intercontinental qui "contribuent au développement du hub de Bruxelles".

Lufthansa pourrait envisager d'intégrer Brussels Airlines dans sa filiale à bas coûts Eurowings, mais les actionnaires de la compagnie belge préfèrent un scénario dans lequel Brussels Airlines fonctionnerait de manière indépendante, à l'image des filiales Swiss et Austrian Airlines.

"Les modalités de gouvernance de Brussels Airlines en 2017 seront aussi évoquées", ajoute Brussels Airlines, qui assure que la marque de la compagnie restera Brussels Airlines.

Lufthansa pouvait exercer son option d'achat sur les actions restantes depuis 2011, mais attendait que Brussels Airlines soit bénéficiaire. Ce fut le cas en 2015, puisque la compagnie belge avait alors enregistré 41,3 millions d'euros de bénéfice net et était dans le vert pour la première fois depuis 2010.

La décision de rachat a été reportée plusieurs fois en 2016 en raison des attentats du 22 mars à l'aéroport de Buxelles et de leur impact négatif sur les résultats de la compagnie belge.

Setca: "Maintenir un emploi de qualité à Zaventem"

Pour le syndicat socialiste, la reprise de Brussels Airlines par Lufthansa s'accompagne d'un triple enjeu: le maintien de la totalité de l'emploi au sein de Brussels Airlines à Zaventem, la garantie du maintien des conditions de travail et de rémunération et enfin le maintien de Zaventem comme "hub" pour Brussels Airlines au sein de la Lufthansa.

Les délégués Setca insisteront, jeudi lors du conseil d'entreprise, sur la nécessité d'établir rapidement des accords clairs entre la Lufthansa et Brussels Airlines. "Nous préciserons clairement auprès de la direction qu'en ce qui nous concerne, Brussels Airlines et l'ensemble de son personnel doivent garder un avenir à Zaventem. Et pas comme compagnie low-cost", précise le syndicat socialiste dans un communiqué.

 

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