Luc Coene: les banques doivent reconquérir la confiance des Belges

Luc Coene, gouverneur de la Banque nationale
Luc Coene, gouverneur de la Banque nationale - © RTBF

Le système bancaire belge est globalement plus sain aujourd'hui qu'en 2008, selon le gouverneur de la Banque nationale Luc Coene. Il n'est pas partisan de liquider tout de suite Dexia, explique-t-il à la RTBF.

Les médias de la RTBF s'associent ce mercredi pour une opération spéciale "Faillite des banques, 5 ans plus tard... Rien n'a changé ?" Interrogé par Bertrand Henne, le gouverneur de la Banque nationale Luc Coene, qui a présidé le comité de pilotage de la crise financière estime que, en 2013, la Belgique est "beaucoup mieux armée pour prévenir une nouvelle crise, et surtout pour absorber les chocs éventuels qu’elle peut causer. Depuis 5 ans, on a plus que doublé le capital que les banques doivent avoir, et on a exigé une qualité beaucoup plus grande du capital nécessaire. On oblige aujourd’hui les banques à avoir un tampon de liquidités qui doit leur permettre de résister pendant un mois à une crise".

Recentré sur la Belgique

En 2008, les banques belges totalisaient un bilan de 1600 milliards d’euros ; aujourd’hui, ce chiffre a été réduit de plus de 30% et se monte à 1050 milliards d’euros indique Luc Coene. Les banques belges ne prêtaient de 2008 que 27% de leurs actifs aux entreprises et aux particuliers belges ; en 2013 ce pourcentage est monté à 55%. "Le secteur bancaire a maigri, s’est recentré sur la Belgique et a pratiquement réduit ses activités spéculatives à zéro. De plus, le niveau des rémunérations a baissé significativement dans le secteur. On est un des rares pays de l’eurozone où l’octroi de crédits aux entreprises et aux particuliers augmente encore" selon Luc Coene.

La confiance des Belges envers leur banque reste limitée aujourd’hui et le gouverneur de la Banque nationale souligne que ce secteur est face à un très grand défi : "Ils doivent vraiment convaincre la clientèle en montrant clairement qu’ils cherchent davantage l’intérêt des clients que leur propre intérêt".

Epée de Damoclès

Dexia est-elle une épée de Damoclès qui menace l’économie belge ? Pour Luc Coene, il ne faut pas liquider tout de suite Dexia : "Si nous faisons cela nous aurons des pertes certaines de plusieurs dizaines de milliards, à partager entre la France et la Belgique". Le gouverneur de la Banque nationale est plutôt partisan de laisser venir à échéance, petit à petit, tous les prêts octroyés par Dexia : dans ce cas il est confiant dans la possibilité de récupérer une grande partie des sommes prêtées, pour une grande partie, à des autorités publiques locales. Cela permettra de réduire les pertes, selon lui.

La crise grecque n’est pas terminée explique encore Luc Coene. Il pense qu’un nouveau plan d’aide sera nécessaire. L’amélioration est très lente. "Mais ce n’est plus de nature à remettre en question tout l’édifice" de la zone euro, conclut-il.

A.L. avec B. Henne

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