Louis Michel: "La Grande-Bretagne, toujours en marge de tous les autres"

Louis Michel dans le studio de Matin Première
Louis Michel dans le studio de Matin Première - © RTBF

L'Europe s'est mis d'accord sur un renforcement de la discipline budgétaire. Mais à côté de cet accord, un désaccord existe bel et bien : une poignée de pays ne participeront pas à cet accord, dont la Grande-Bretagne. "C'est dommage, mais il faut avancer", commente l'eurodéputé libéral Louis Michel dans Matin Première.

Un accord pour renforcer la discipline budgétaire dans la zone euro est tombé tôt ce vendredi matin. Il s'agit d'une règle d'or qui sera inscrite dans les constitutions des Etats. Cette règle impose un déficit maximum de 0,5% sur la durée d'un cycle économique. Les sanctions tomberont dès 3%.

Pour Louis Michel, c'est une bonne chose que la rigueur s'impose à l'Europe. Et "ce n'est pas spécialement parce que les Allemands le veulent". Le libéral ajoute d'ailleurs qu'il aurait préféré que cette décision vienne plus spontanément des 27 "plutôt que de donner l'impression que c'est l'Allemagne qui l'impose". "Ce petit jeu franco-allemand va, tôt ou tard, finir par miner l'idée même d'Union européenne", glisse-t-il au micro de Matin Première.

Cette règle d'or est une "bonne mesure", insiste le député européen. "On ne peut pas continuer à vivre au-dessus de ses moyens et laisser croire aux citoyens qu'on peut continuer à ne pas être rigoureux budgétairement". "Et puis il ne faut pas que les bons élèves européens payent pour les mauvais", lance Louis Michel. 

Les pouvoirs de la Commission pas assez renforcés

L'eurodéputé en appelle à un renforcement du pouvoir de la Commission. "Il faudrait en fait un gouvernement économique qui colle à la zone euro". Mais Louis Michel relève une incohérence : "Il y a un problème avec l'axe franco-allemand : Madame Merkel veut une union fiscale mais sans solidarité", alors que "la France veut une union fiscale mais sans céder de souveraineté, sans renforcer le pouvoir de la Commission".

Le libéral avoue avoir "rêvé" que ce soit le plan d'Herman Van Rompuy qui passe. Un plan prévoyant de "mutualiser les dettes, même à long terme. Avec, entre autres, la création des eurobonds. Un plan ambitieux", relève-t-il. "Une bonne partie de son plan se retrouve dans l'accord actuel, mais l'essentiel n'y est pas encore", explique Louis Michel. "Tant qu'on ne fera pas de la Commission un vrai gouvernement économique, social et politique, l'Europe sera toujours soumise à des soubresauts et à des agendas nationaux".

Le refus de la Grande-Bretagne, une division historique ?

Mais outre cet accord, il y a aussi un désaccord : la Grande-Bretagne, la Tchéquie, la Suède et la Hongrie ne veulent pas y participer. "C'est dommage", commente l'invité de Bertrand Henne. "C'est quand même aller vers une Europe à plusieurs vitesses", déplore-t-il. Cependant, "c'est une bonne chose, parce qu'il faut avancer" explique Louis Michel en constatant que la Grande-Bretagne est toujours "en marge de tous les autres ": "Elle pèse très fort sur le manque d'intégration européenne". 

Peut-on désormais parler d'une division historique entre la Grande-Bretagne et le continent ? "Les propos de David Cameron frisent l'arrogance", lâche Louis Michel. "C'est paradoxal et inacceptable que l'on puisse défendre les prérogatives de la City sachant le rôle que de telles places jouent dans le dérèglement financier et le catastrophisme social que cela entraîne".

Un accord encore à ratifier

Par contre, rien n'est encore gagné. Cet accord doit être ratifié par les différents Etats avant d'être appliqué. On s'en doute, la pilule risque d'être difficile à faire passer à certains endroits. Louis Michel en est conscient : "Les modalités d'application de ce qui a été décidé seront extrêmement compliquées". Mais il espère que le volonté politique y soit.

AdC avec Bertrand Henne

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