Lilly Whaba:"Les handicapés ont droit à un travail comme tout le monde"

Employez-vous ou travaillez-vous avec des personnes handicapées ? Si ce n’est pas le cas, suivez l’histoire de cette PME qui a fait de l’engagement des personnes différentes un vrai atout. C’est un franchisé de McDonald’s, il exploite trois magasins et il a reçu le Prix CAP 48 de l’entreprise citoyenne 2015.

Après une expérience dans la restauration rapide, Atef Wahba décide en 1994 de se mettre à son compte comme franchisé du géant américain. Très vite, il joue la carte de la diversité, jusqu’à employer 14 nationalités différentes. Fin 2012, premier contact avec une personne handicapée.

Lilly Wahba, responsable des ressources humaines : "La première fois c’était une candidature spontanée. Nous nous y sommes intéressés, nous avons fait les entretiens et nous avons commencé un essai. Nous nous sommes dit que cette personne avait le droit d’avoir un travail comme tout le monde et que son handicap physique ne doit pas l’empêcher d’avoir une vie normale, comme tout le monde".

Jusqu'au CDI

Jean-Luc, sourd et muet, commence début 2013, il est aujourd’hui en CDI. Cette première expérience en a suscité d’autres. Sur 67 équivalents temps-plein, le franchisé emploie actuellement cinq handicapés, mentaux ou physiques, soit 3,5 équivalents temps-plein. Des engagements rendus possibles grâce à des aides publiques. Lilly Wahba : "A Bruxelles il y a les soutiens du PHARE et en Région wallonne, c’est l’AWIPH. Il s’agit de subsides qui touchent à la formation une fois que ces personnes sont au travail. Ces subsides compensent leur handicap et ils sont indispensables parce que l’engagement de ces personnes demande beaucoup plus de travail, de gestion administrative et du suivi, soit beaucoup de temps".

Sans les aides, les travailleurs handicapés ne seraient pas facilement recrutés. Peut-on dire que les aides constituent la motivation principale ? Non car, au-delà de l’investissement-temps, il faut une ouverture et une grande disponibilité de toute une équipe. Mais les résultats sont là. Les employeurs de travailleurs handicapés le disent tous : passé le temps d’adaptation, leur productivité est bonne et leur motivation très grande.

Un sens à leur vie

Et dans le cas d’une activité en contact avec les clients, il y a des retours très positifs. Alors, quelle est la motivation personnelle de Lilly Wahba ? "C’est leur retour ! De voir ces personnes à qui on a donné un sens à leur vie, de voir qu’ils sont souriants et contents de venir chaque jour au travail. De voir que grâce au fait de leur avoir ouvert simplement la porte de l’entreprise, leur vie a changé. Leur reconnaissance, leur motivation et leur impact sur le travail est un retour qui est très très bien".

Un second prix CAP 48 de l'entreprise citoyenne a été décerné mardi pour la catégorie service public à la commune de Marche-en-Famenne.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK