Les visas dorés, une pratique répandue en Europe

Des passeports saisis par la justice belge en 2008
Des passeports saisis par la justice belge en 2008 - © ERIC VIDAL - BELGA

Au Portugal, le tribunal de Lisbonne a rendu aujourd'hui son verdict dans l'affaire des "visas dorés". La plupart des accusés ont été blanchi mais il s'agit de l'attribution de droits de séjour à des étrangers qui achètent un bien immobilier dans le pays. Un système controversé qui est pourtant répandu en Europe où quatorze pays utilisent cet avantage pour les investisseurs généreux.

C’est au beau milieu de la crise économique, il y a une dizaine d’années, que le Portugal avait cru trouver une astuce pour renflouer ses caisses. Le pays avait décidé d’octroyer des permis de résidence ou des passeports aux étrangers qui créent de l’emploi ou investissent au moins 500.000 euros dans l'immobilier.

Au total, ce sont près de 20.000 personnes qui ont profité de ce système pour séjourner au Portugal. Principalement des Chinois fortunés ayant acheté des villas dans la région de Lisbonne parmi lesquels figurent des mafieux recherchés par la justice chinoise.

Aujourd’hui à Lisbonne, c’est un scandale politique qui connaît son épilogue avec ce verdict. Dans cette affaire, l’ancien ministre de l’intérieur Miguel Macedo, plusieurs hauts fonctionnaires, des intermédiaires du secteur immobilier et trois ressortissants chinois étaient inculpés.

Des avantages qui profitent aux milieux criminels

Le problème, c’est que cet avantage favoriserait les entrées d’argent illégal. Selon les ONG Tranparency International et Global Witness, " corrompus et criminels peuvent facilement trouver refuge en Europe grâce à l’opacité et au manque d’encadrement des programmes appelés ‘visas dorés’ ". En clair : le système permet aux pays de s’enrichir mais le manque de contrôle sur les personnes bénéficiant de ces documents amène un risque de corruption, de blanchiment d’argent et de criminalité.  

Quatre pays qui "vendent" des passeports

Selon un rapport publié fin 2018 par les deux ONG citées plus haut, quatorze pays sont concernés par les ‘visas dorés’. Et parmi ceux-ci, quatre sont accusés de " vendre " directement leurs passeports. C’est le cas de l’Autriche, la Bulgarie, Chypre et Malte qui ont délivré au moins 6000 passeports et près de 100.000 permis de séjour selon ce rapport. L’Espagne, la Hongrie, la Lettonie, le Portugal et le Royaume-Uni en ont accordé eux plus de 10.000 chacun.  

Le pays le plus cher, c'est l'Autriche, où il faut mettre 10 millions d'euros sur la table pour un passeport. Mais d'autres ont bradé les prix. Acheter une maison à 70.000 euros suffisait pour obtenir un droit de séjour en Lettonie. Une porte ouverte aux criminels qui cherchent à se mettre confortablement à l'abri.

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