Les tickets de TGV augmentent de 3,2% le 3 janvier, les critiques fusent

Le TGV coûtera plus cher.
Le TGV coûtera plus cher. - © AFP

Inflation et hausse de la TVA seront répercutées sur le prix des billets SNCF. Pour le réseau TGV ce sera au total 3,2% de plus. La hausse fait débat en France où on reproche à la SNCF de délaisser les petites lignes au détriment de la grande vitesse. Les critiques sont nombreuses.

Les prix des billets TGV français vont nettement augmenter l'an prochain, une hausse en bonne partie liée au relèvement de la TVA décidé par le gouvernement.

A compter du 3 janvier 2012, les tickets pour les trains à grande vitesse mais aussi les trains interrégionaux Téoz et les trains de nuit Lunéa coûteront 3,2% plus cher, a annoncé la SNCF.

Cette hausse s'explique pour près de la moitié par le relèvement du taux réduit de la TVA de 5,5% à 7%, décidé par le gouvernement dans le cadre du deuxième plan de rigueur présenté en novembre. La répercussion de cette mesure représentera "une augmentation moyenne de 60 centimes d'euros pour les voyageurs TGV", selon la compagnie ferroviaire.

Pour en atténuer l'effet, la SNCF a indiqué qu'elle allait geler les prix des réservations pour les abonnements "forfaits" valables pour les voyageurs prenant tous les jours le TGV, ainsi que pour les abonnements étudiants, élèves et apprentis. Le reste de la hausse est imputable à la majoration tarifaire voulue par la SNCF. "L'ajustement annuel des tarifs TGV (deuxième classe plein tarif) sera de 1,7% en 2012, soit strictement le taux de l'inflation prévue pour 2012", selon la compagnie ferroviaire.

L'augmentation vaudra aussi pour les trains Téoz, qui relient notamment Paris à Clermont-Ferrand et à Brive ou encore Bordeaux à Marseille et à Nice, et pour les trains de nuit Lunéa.

Débat

Associations de consommateurs, responsables politiques et syndicats se sont élevés contre l'augmentation, annoncée mardi, des prix pour les TGV et les trains interrégionaux de 3,2% au 3 janvier.

La Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut) a fait part de son mécontentement. Pour l'association, "les tarifs du TGV et des trains Téoz et Lunéa sont considérés comme excessifs par les familles et par les voyageurs obligés d'organiser leurs déplacements en dernière minute et d'acquitter alors le prix fort".

De plus, cette augmentation vient s'ajouter à celle déjà décidée pour les TER ou encore celle pour les transports en Ile-de-France, là aussi pour répercuter le changement du taux réduit de TVA.

Par conséquent, la Fnaut réclame le maintien, à côté des TGV, de trains Intercités "plus lents mais aux tarifs plus accessibles".

La fédération CGT des cheminots estime pour sa part qu'avec cette décision, la compagnie ferroviaire "tourne le dos aux valeurs du service public".

L'Association des voyageurs usagers des chemins de fer (Avuc) de la région Ouest va plus loin, exigeant "le gel immédiat des tarifs SNCF pour les billets et abonnements sur grandes lignes et TGV", rejointe sur ce point par le Front national.

La SNCF est régulièrement critiquée pour l'augmentation de ses tarifs. En 2011, elle avait obtenu une revalorisation de 2,85% pour le TGV, arguant du fait que celle-ci était nécessaire pour faire face au renchérissement des péages qu'elle verse à Réseau ferré de France (RFF), le gestionnaire du réseau ferroviaire.

Les usagers "payent deux fois, à la fois la hausse de la TVA et la hausse des prix", a critiqué Manuel Valls, directeur de la communication de la campagne de François Hollande, sur RTL.

Pour le syndicat SUD Rail, le gouvernement est "premier responsable de cette hausse de tarifs" qui tombe mal dans un contexte économique morose.

"Il y avait là d'autres choix à faire de la part de la SNCF et je m'étonne que le gouvernement n'ait pas réagi", a ajouté M. Valls pour enfoncer le clou.

Le porte-parole du candidat socialiste à la présidentielle François Hollande et l'Association des voyageurs usagers des chemins de fer déplorent ce choix de faire payer deux fois la hausse des prix et de la TVA au consommateur alors que la SNCF est bénéficiaire.

Les syndicats critiquent également les choix de la SNCF de développer les lignes à grande vitesse au détriment des lignes moins rentables.

Avec AFP

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