Les syndicats ont plus à obtenir en discutant qu'en manifestant, selon la FEB

Pieter Timmermans, administrateur délégué de la FEB.
Pieter Timmermans, administrateur délégué de la FEB. - © VIRGINIE LEFOUR - BELGA

"Il y a beaucoup plus à obtenir autour de la table que dans la rue." Pieter Timmermans, l’administrateur délégué de la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB) l’a déclaré, ce lundi, à la veille de la manifestation nationale prévue ce mardi à Bruxelles.

Le patron de la FEB lance un avertissement aux syndicats, car, selon lui, les grèves et manifestations prévues sont contre-productives. "S’ils continuent à faire grève, à organiser des manifestations et des actions dans les semaines et les mois à venir, automatiquement, les investisseurs vont hésiter. Et ce n’est pas un bon signal vis-à-vis de ces investisseurs, vis-à-vis de l’emploi et de la croissance économique."

Des actions susceptibles de dégrader le climat économique belge ?

Les entreprises belges sont en tout cas, explique la FEB, plus optimistes aujourd’hui qu’il y a six mois. 

Comme chaque semestre, la FEB présentait son "Focus conjoncture".  En 2016, la Fédération des Entreprises de Belgique s’attend à une croissance de 1,5%, comme prévu. Surtout, la plupart des entreprises sondées par la FEB prévoient, dans la plupart des secteurs, d’engager ou, au minimum, de garder un niveau d’emploi stable. 

Certes, les attentats du 22 mars dernier ont eu des conséquences lourdes pour certains secteurs, comme l’Horeca, le commerce et l’aéronautique. Cependant, même si les attentats continueront à avoir des conséquences économiques dans les prochains mois, la plupart des entreprises sondées sont confiantes par rapport à l’avenir : 65% d’entre-elles s’attendent à avoir un niveau d’activité comparable au niveau actuel. Un quart des entreprises prévoit même une embellie.

Les entreprises prévoient aussi d’investir

C’est "mieux qu'il y a six mois, d'autant que les entreprises investissent davantage dans l'innovation et dans le remplacement des biens d'équipement obsolètes tandis que les investissements de rationalisation, qui permettent de faire des économies sur le facteur travail, deviennent moins importants", explique la FEB.

Pieter Timmermans, l’administrateur délégué, souligne aussi la création d’emplois : "29 000 emplois nets créés entre le  4ème trimestre 2014 et le 4ème trimestre de l'année suivante". Ce qui ne s’était plus vu depuis longtemps.

Pieter Timmermans voit trois menaces pour l’économie belge : le Brexit (l'éventualité d'une sortie britannique de l’Europe), de nouvelles difficultés avec la Grèce, et le climat social belge qui continuerait de se détériorer.

La FEB plaide pour  une poursuite des réformes entamées par le gouvernement. Elle invite les syndicats à discuter pour ne pas menacer le retour de la confiance des investisseurs. "Nous appelons les syndicats à reprendre le dialogue", a dit Pieter Timmermans.

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