Les séries, un marché juteux qui profite aux séries belges

Le Festival international des séries télé, Séries Mania, s’est terminé ce week-end à Lille, en France. Il y a une partie pour le public, pour le plaisir, dans les différentes salles de cinéma, avec au palmarès une série israélienne qui a gagné. Cela s’appelle "On The Spectrum", et elle raconte la vie — un peu comme "Friends" — de trois jeunes adultes qui sont autistes. C’est vraiment une série humoristique très sympa, très bien faite.

Outre cet aspect, il y a aussi une partie pour les professionnels, les producteurs, les scénaristes, les chaînes de télé qui font leur marché, parce que les séries sont aussi une affaire de gros sous, c’est un marché économique.

Combien ça coûte une série ?

La plus chère au monde, la plus chère de l’histoire, celle de tous les records, c’est " Game of Thrones " évidemment. Ce sont 12 millions et demi d’euros par épisode. Un budget colossal.

Mais ça, c’est pour les États-Unis, chez nous c’est beaucoup plus modeste. "La Trêve", par exemple, cela a coûté bien moins cher, comme la plupart des autres dernières séries belges francophones d’ailleurs : "Ennemi public", "Unité 42". Là, on est plutôt autour de 330 000-350 000 euros par épisode, c’est 35 fois moins que "Game of Thrones".

Qui finance une série télé comme "La Trêve" ?

Aux États-Unis, c’est un producteur, c’est une chaîne de télé avec leur argent.

Chez nous, c’est impossible de produire une série sur fonds propres. Alors il y a des aides publiques de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la RTBF notamment : le fonds série.

Il y a aussi des régions, avec des avantages fiscaux, avec la tax shelter ; et puis il y a les ventes à l’étranger, et ça, c’est très important, les ventes à des chaînes françaises, à des chaînes suisses, à Netflix. Il se trouve que les Belges ont la côte pour le moment comme le confirme Thomas Saignes, producteur en France, est fan de nos séries : "'La Trêve ' m’avait énormément impressionné par cette capacité de faire quelque chose de très fort et du niveau quasiment d’un "True Detective", avec un budget parfaitement dérisoire. Après, il se trouve qu’en plus un certain nombre de ces séries sont représentées par des agents de vente français, c’est-à-dire des vendeurs internationaux qui portent ces séries sur le monde entier, et ce sont souvent des grands succès en termes de vente. Ça veut dire qu’il y a une appétence internationale pour la fiction belge".

Des grands succès en termes de vente, quant à savoir combien ces producteurs belges les vendent à l’étranger, impossible de le savoir. Cela reste un secret défense.

Ce qui est sûr, au-delà du montant, c’est que sans cet apport, sans ces ventes à l’étranger, ces producteurs ne s’y retrouveraient pas, ou en tout cas il faudrait prendre des risques beaucoup trop importants et il y aurait très certainement beaucoup moins de séries belges, ou en tout cas de moindre qualité.

Ces ventes à l'étranger créent-elles de l'emploi ?

Cela crée évidemment de l'emploi, d’où l’intérêt précisément de produire chez nous — et pas simplement de coproduire des séries françaises, comme on l'a longtemps fait en Belgique — pour avoir des tournages chez nous, en Wallonie, à Bruxelles, en Flandre, pour avoir une petite industrie belge de la série qui est en train de se développer.

"Par série, il y a en moyenne environ 300 personnes, que ce soit des auteurs, des comédiens ou des techniciens, qui travaillent sur une série. En 2017, nous avons produit quatre séries, donc oui, il y a vraiment des grosses retombées économiques effectivement sur le secteur", témoigne Ariane Mertens, responsable des séries à la RTBF.

Et ça devrait continuer puisque les saisons deux de "La Trêve" et de "Ennemi Public" sont au montage. Le tournage est terminé, diffusion prévue l’automne ou début de l’hiver prochain.

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