Les résultats de Brussels Airport plombés par les attentats

Les résultats de Brussels Airport plombés par les attentats
Les résultats de Brussels Airport plombés par les attentats - © DIRK WAEM - BELGA

2016 a été une année particulièrement éprouvante pour l’aéroport de Bruxelles, avec les attentats du 22 mars. Sans surprise, les résultats de l’aéroport en portent aussi la trace, avec en particulier une baisse sensible du trafic passager.

21,8 millions de passagers, 7% de moins qu’en 2015. Idem d’ailleurs pour le chiffre d’affaires qui est retombé à 486 millions. L’effet attentats est évident, il a fallu 6 mois en fait pour que l’aéroport retrouve son rythme de croissance normal pour les vols passagers.

Les normes de bruit font fuir les compagnies cargo

En revanche, explique Arnaud Feist, le patron de l’aéroport, le transport de fret n’a pas souffert de l’attentat. "Le cargo n’a pas été impacté du tout par les attentats, et donc dès le lendemain des attentats, les vols cargo ont pu redémarrer, ce qui fait qu’en 2016 nous avons atteint un niveau d’activité supérieur à 2015 pour la partie cargo.

Mais cette croissance est menacée par les nouvelles normes de bruit de la Région bruxelloise qui sont maintenant appliquées depuis le 22 avril. Il y a une deuxième compagnie aérienne cargo qui a annoncé la semaine passée qu’elle quittait Brussels Airport, donc on est assez inquiet quant à l’évolution. On a une croissance très forte ces derniers mois, mais on s’attend maintenant, dans les mois qui viennent, à une autre situation où certaines compagnies aériennes cargo prendront la décision de partir, il y en a déjà 2 qui sont parties, il y en a une troisième qui nous a annoncé vouloir partir s’il n’y avait pas de solution très rapidement".

Arnaud Feist est en tout cas prêt à négocier avec la Région bruxelloise. Il plaide pour qu’un cadre juridique stable soit établi, non seulement pour ne pas perdre de compagnies cargo qui sont présentes à Bruxelles, mais également pour essayer d’en attirer de nouvelles.

Le développement des activités fret a-t-elle permis de compenser la baisse des revenus liée au transport des passagers ?

Non, l’impact financier de l’attentat était trop important, 90 millions d’euros, même si les assurances sont intervenues pour un peu plus de la moitié. Le bénéfice net de Brussels Airport Company a baissé sensiblement.

Ce n’est pas la seule conséquence d’ailleurs, l’aéroport a également dû revoir ses priorités en matière d’investissements.

"On avait un plan très ambitieux d’investissements pour l’année 2016, on n’a pas pu tout réaliser, on a réalisé en gros deux tiers des investissements qui avaient été planifiés pour 2016, tout simplement parce que notre attention s’est portée sur le redémarrage de l’aéroport, sur un certain nombre de mesures urgentes qui devaient être prises, et donc nos équipes n’avaient tout simplement pas le temps de faire tous les investissements prévus, donc on a reporté une bonne partie, plus ou moins un tiers ont été reportés en 2017, voire 2018", explique Arnaud Feist.

L’aéroport de Bruxelles va investir 1 milliard d’euros dans les 5 prochaines années, une nouvelle jetée pour augmenter le confort des passagers, un nouveau système pour scanner les bagages pour les soutes, une grosse rénovation de pistes, notamment l’aéroport prévoit une forte croissance de ses activités dans les prochaines années. Il faut donc investir maintenant pour éviter la saturation.

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