Les réseaux électriques belge et britannique bientôt connectés

Elia, le gestionnaire du réseau électrique belge et son homologue britannique mettent la dernière main à la connexion des deux réseaux. Deux gigantesques câbles ont été tirés sous la mer du Nord.

Nemo Link, c’est le nom de ce projet. A quelques centaines de mètres de la plage de Zeebruges, un immense navire achève de dérouler les câbles au fond de la mer. Sous la plage de Zeebruges, il rejoindra le câble venant du réseau belge d’Elia. La connexion sera réalisée.

Une prouesse technique

Le câble marin déroulé sur une distance de 71 km a été fabriqué au Japon. "Ce câble pèse 44 kg par mètre et est composé de plusieurs couches", explique Erwann Bauwens, ingénieur du projet offshore de Nemo Link.

"La connexion électrique est constituée de deux câbles. C’est une connexion en courant continu, avec un plus et un moins, comme sur une batterie. Les câbles se rejoignent ici à Zeebruges, d’une part, les câbles qui viennent de la mer et d’autre part, celui qui permet d’être relié au réseau haute tension d’Elia", poursuit Markus Berger, directeur des infrastructures chez Elia.

Un investissement stratégique

L’investissement de 650 millions d’euros est pris en charge par Elia, le gestionnaire du réseau belge et par son équivalent britannique. Il raccorde la Belgique pour la première fois au réseau britannique. La connexion a une capacité correspondant à un dixième de la consommation moyenne belge. Elle permettra d’importer et d’exporter de l’électricité entre les deux pays, comme l’explique Chris Peeters, le CEO d’Elia : "On peut aller chercher chez eux de l’électricité produite quand il y a du vent car la Grande-Bretagne investit énormément dans l’éolien offshore. On peut injecter cette électricité chez nous. Dans l’autre sens, quand nos centrales à gaz qui seront installées pour la sortie du nucléaire produiront, elle auront une opportunité commerciale d’exporter vers l’Angleterre quand il y a là bas une pénurie".

Une étape utile dans la transition énergétique

Pouvoir profiter au mieux du surplus d’énergie éolienne produite en Grande-Bretagne devrait aider la Belgique à atteindre ses objectifs de sortie du nucléaire. "C’est important parce que le Pacte énergétique du 30 mars dernier nous permet de nous orienter résolument vers la transition énergétique, avec une plus grande proportion de renouvelable dans notre mix énergétique et donc, une plus grande variabilité de la production d’énergie", conclut la ministre de l’Energie, Marie-Christine Marghem (MR).

La connexion électrique entre la Grande-Bretagne et la Belgique sera opérationnelle début 2019.

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