Les prix des produits pétroliers repartent à la hausse

Les prix pétroliers repartent à la hausse
Les prix pétroliers repartent à la hausse - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

 

Cela n’a pas échappé aux automobilistes, les prix des carburants à la pompe sont en augmentation. Cette hausse des prix pétroliers est cependant limitée. Après avoir atteint un niveau plancher lors de la crise du Coronavirus, les prix sont encore très bas, si on les compare à leur niveau d’il y a un an.

Le diesel augmente ce mercredi 20 mai. Le prix maximum à la pompe sera d’1,283€/litre. L’essence sans plomb 95 coûte aujourd’hui 1,275€/litre contre 1,142€/litre fin avril. Après la diminution brutale des prix les voici de nouveau sur une pente ascendante. " Mi-avril, on a atteint le plancher du plancher. Aujourd’hui à une situation normale pour deux raisons. D’abord, il y a enfin eu un accord entre les pays de l’Opep et les non-membres de l’Opep sur une diminution de la production pour les mois de mai et juin. Donc, il y a moins de produits ", explique Olivier Neyrinck, Directeur technique de Brafco, Fédération belge des négociants en carburants. Parallèlement à cela, il y a le déconfinement qui entre en vigueur et qui relance l’activité. " Il y a une certaine reprise économique et une certaine consommation des carburants. Cela veut dire que le principe de l’offre et de la demande et de la balance qui était complètement déséquilibrée se rééquilibre par une demande de plus en plus importante et une offre qui est maîtrisée. Cela engendre une légère augmentation des prix des carburants et des produits pétroliers", poursuit Olivier Neyrinck.

Encore loin du niveau de prix d’il y a un an

La remontée des prix s’annonce lente. Elle dépendra de l’ampleur de la reprise de l’activité économique et sera toujours sous la menace du Covid-19. Si le virus devait revenir en force et qu’il fallait reconfiner certains pans de l’économie, la demande en produits pétroliers refluerait à nouveau, freinant l’augmentation des prix.

Les prix sont encore loin de ceux qu’on connaissait il y a un an. Pour le diesel, par exemple, un automobiliste devra payer ce mercredi 20 mai 1,283€/litre, prix maximum. " Si je reprends la valeur de l’an passé à la même date, on était à 1,571€/litre, TVAC. Donc, il y a encore une énorme marge à rattraper ", explique Olivier Neyrinck.

Le marché pétrolier reprend des couleurs mais revient de loin

Le marché des produits pétroliers est encore assez perturbé. Certains produits ne trouvent pas ou peu acquéreur. C’est le cas du kérosène, car l’activité du secteur aérien connaît un très net ralentissement.

Malgré cela, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que les perspectives sur les marchés pétroliers s’améliorent. Certes, la demande en produits pétroliers sera historiquement basse en 2020, avec un recul de 8,6 millions de barils par jour en moyenne. Cependant, la chute sera un peu moins spectaculaire que prévu. Il y a un mois, l’AIE s’attendait à un recul de la demande en pétrole de 9,3 millions de barils par jour. L’AIE souligne que le déconfinement y est pour beaucoup dans cette vision plus optimiste. En avril, 4 milliards de personnes étaient confinées dans le monde. Elles ne sont " plus " que 2,8 milliards en mai et les besoins de mobilité augmentent plus que prévu en Europe, aux Etats-Unis et en Chine.

Cela soutient les cours du baril de brut. Le baril de brent, le pétrole de la Mer du Nord, à 34 dollars actuellement, est loin des 15 dollars qu’il valait le 22 avril, au plus profond de la crise. L’autre baril de brut, le WTI américain a lui aussi repris des couleurs. A 32 dollars le baril, le WTI revient de loin. Le 20 avril, il avait perdu 300% de sa valeur pour être coté à -37,63 dollars. Les traders qui avaient acheté ce pétrole ne savaient plus qu’en faire et étaient prêts à payer les acheteurs pour en être débarrassés.

Depuis ce moment historique, les producteurs de pétrole ont pris des mesures pour faire remonter les prix. Les membres de l’Opep, rejoints par d’autres pays producteurs comme la Russie, se sont entendus pour réduire la production de pétrole début mai de l’ordre de 10 millions de barils/jour. Trois pays, l’Arabie Saoudite, le Koweït et les Emirats Arabes Unis ont même annoncé qu’ils réduiraient davantage leur production.