Envol du prix des billets d'avion: quand voyager coûte-t-il le moins cher?

Le prix des billets d’avion a bondi ces dernières années. C'est le constat fait par l’observatoire des prix dans un rapport publié ce jeudi (et à retrouver en intégralité à la fin de cet article). Selon cette source, le prix des billets a augmenté de 30% depuis 2010. Si l’on déduit l’inflation, cela fait toujours une augmentation de 15% en 8 ans. L’évolution varie en fonction des pays européens, mais cette progression du coût des tickets est globalement vraie pour la zone euro.

Ce sont essentiellement les prix des voyages aériens vers des destinations européennes qui ont augmenté ces dernières années, alors que les voyages lointains ont diminué de prix. "Une analyse des micro-données pour la Belgique montre que les prix des vols au départ de la Belgique vers des destinations en Europe ont augmenté entre 2015 et 2018 (en moyenne +3,8%), alors que les vols pour des destinations en dehors de l’Europe ont coûté moins cher (en moyenne -12,5%). La part des vols à destination de l’Europe est d’environ 75%, contre environ 25% pour les destinations lointaines", écrit l’observatoire des prix.

Le modèle des compagnies à bas coûts a-t-il fait baisser les prix des billets ?

Non, selon l’observatoire des prix. Pour cet organisme qui dépend du SPF Economie, il y a un facteur et un seul qui est vraiment corrélé au prix du billet d’avion : c’est la demande. Dans ce cas-ci, comprenez : l’augmentation du nombre de passagers. "On pense qu’on peut lier cette augmentation du prix à l’explosion du nombre de passagers dans cette période. En Belgique par exemple, on a constaté qu’entre 2010 et 2018, le nombre de passagers a augmenté de 50%", explique Peter Van Herrewege, directeur de l’observatoire des prix, au micro de la RTBF. Cette demande est particulièrement forte en été. Au mois de juillet et août, les prix bondissent chaque année d’environ 20%.

Quand voyager coûte-t-il le plus cher ? (Indice des prix à la consommation billets d’avion: indice 2015=100)

Comme l'explique le portail officiel belgium.be, "l'indice des prix à la consommation est un indicateur économique qui a comme vocation première de mesurer, de façon objective, l'évolution, au cours du temps, des prix d'un panier de biens et services, achetés par les ménages, et censé être représentatif de leur consommation. L’indice est déterminé mensuellement à l'aide de la valeur de ce panier. L'évolution des indices montre l'évolution du coût de la vie pour les ménages."

Le low cost offre-t-il vraiment des prix toujours plus bas ?

En mai dernier, Michael O'Leary, le patron de Ryanair, justifiait sur la chaîne CNBC ses mauvais résultats financiers par la baisse des prix. "Nos bénéfices seront plus bas cette année uniquement parce que les prix baissent. Il n’y a jamais eu de période moins chère pour voler à travers l’Europe. Nous essayons de transporter 10 millions de passagers en plus à des prix toujours plus bas. Et si ça en hérisse certains, plus de choix et des prix bas, eh bien tant pis."

Pourtant, force est de constater que le modèle low cost n'a pas fait baisser la moyenne des prix. Par ailleurs, si l'observatoire dit vrai, sur le long terme, c’est bien la hausse du nombre de passagers qui entraîne une augmentation du prix. Ce qui signifie que, si les prévisions de croissance du trafic aérien se réalisent dans les années qui viennent, les prix pourraient encore augmenter en Europe et en Belgique.

Evolution du nombre de passagers au départ en Belgique, dans les principaux pays voisins et dans la zone Euro (Indice 2010=100)

Quelle est la part du coût environnemental dans un billet d’avion ?

C’est un des enjeux majeurs de ces prochaines décennies, sur fond de changement climatique. En Suède, la "Flygskam", la honte de prendre l’avion, inquiète les compagnies aériennes. Certains voyageurs se détournent de l’aérien pour choisir d’autres moyens de transport plus respectueux de l’environnement.

Dans ce contexte, plusieurs pays envisagent d’imposer une écotaxe sur les billets d’avion. C’est le cas de la France qui compte mettre en place une telle taxe, de 1,50 à 18 euros, à partir de 2020. En mars dernier, la Belgique demandait elle aussi que les pays européens taxent les voyages en avion. "Actuellement, il n’y a pas de taxation sur le kérosène ni de TVA sur les billets d’avion. Des modes de transport plus respectueux de l’environnement comme le chemin de fer sont plus taxés que le transport aérien", déclarait à l’époque Jean-Luc Crucke (MR), le ministre wallon en charge notamment du Climat et des Aéroports.

Pour l’heure, "les externalités associées au trafic aérien (non seulement les émissions de CO2 mais aussi la pollution atmosphérique et les nuisances sonores) peuvent être compensées par des systèmes d’échanges de quotas d’émission ou faire l’objet d’une taxation (comme c’est le cas pour d’autres nuisances telles que pollutions atmosphérique et sonore) par les pouvoirs publics et/ou les aéroports", rappelle l’observatoire des prix dans un communiqué.

Mais, poursuit l’observatoire, "l’impact des systèmes d’échanges de quotas d’émission sur les prix des billets d’avion est encore assez limité, car l’achat de quotas d’émission représentait environ 0,3% des coûts opérationnels des compagnies aériennes en 2017. C’est entre autres lié au fait que 82% des quotas d’émission attribués au secteur aérien sont gratuits".

Evolution des prix des billets d’avion en Belgique, dans les principaux pays voisins et dans la zone euro ainsi que du Brent (Indice 2010=100)

L’analyse complète de l’observatoire des prix concernant le coût des billets d’avion

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