Les pensions complémentaires du deuxième pilier sont-elles menacées ?

Les pensions complémentaires du deuxième pilier sont-elles menacées ?
Les pensions complémentaires du deuxième pilier sont-elles menacées ? - © rtbf

Les pensions complémentaires dites "du deuxième pilier" sont financées par des cotisations payées par les employeurs et les salariés. Aujourd’hui, les assureurs et les fonds de pensions tirent la sonnette d’alarme et disent ne plus pouvoir garantir les rendements minimums prévus jusqu’ici par la loi. Ils souhaitent qu'ils soient revus à la baisse.

Crise oblige, assureurs et fonds de pensions souhaitent voir changer la loi pour les contrats à venir. A défaut, les employeurs devront payer la différence, ce qui ne fait pas leurs affaires.  

En Belgique, 3 millions de travailleurs bénéficient d'une telle pension financée en partie par l'employeur, en plus de leur pension légale. Ce complément dit, "du deuxième pilier" offre un rendement garanti par la loi de 3,25% ou de 3,75%.

Crise en cause : il faut tenir compte des marchés

Pour les compagnies d'assurances, ce taux pose problème à cause de la dégradation des marchés financiers.  Les emprunts d'Etat, par exemple, que les assureurs utilisent pour se financer, ne rapportent plus assez. Le porte-parole d’Assuralia, Wauthier Robijns explique qu’aujourd’hui les emprunts de qualité ne rapportent plus un tel rendement. "On se demande alors comment un assureur peut s’engager dans une promesse" dans de telles conditions. "Nous demandons que la législation soit revue sur ce point-là pour fixer un taux de rendement garanti qui tienne compte du niveau des marchés financiers".   

Seuls les nouveaux contrats seraient concernés

Rien ne changerait pour les contrats déjà conclus en revanche, le taux serait plus bas pour les nouveaux contrats. Quelques compagnies d'assurances appliquent déjà ce système et ne payent plus qu'un taux de 2,25% par exemple.  Mais comme la loi fixe un rendement minimum plus élevé, c'est l'employeur qui doit payer la différence.

Le soutien des patrons ?

Aujourd’hui, les assureurs mettent la pression et demandent le soutien du monde des employeurs dans leur plaidoyer  pour une modification de la législation. Les employeurs quant à eux ont déjà décidé d’inscrire ce point à l'agenda de la prochaine concertation sociale. 

I.L. avec JF Noulet

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