Les patrons wallons ne sont pas prêts à investir

Les patrons wallons ne sont pas prêts à investir
Les patrons wallons ne sont pas prêts à investir - © ALINE BRUGMANS - BELGA

Les baromètres économiques restent tournés vers le bas. L'Union wallonne des entreprises a sondé les patrons du sud du pays, et ils n'ont franchement pas le moral.

Ils ne sont pas prêts à investir. Pourquoi ? Parce que le climat international reste peu porteur. Ce sont les pays émergents qui tiraient la demande, et maintenant ils patinent ou reculent. Les pays voisins ont peur de s'endetter et nos entreprises ne sont jamais vraiment arrivées à reprendre souffle depuis la crise de 2008-2009.

Pas assez de clients

Pour Didier Paquot, économiste en chef de l'Union wallonne des entreprises, ce qui manque, c'est la confiance: "Il y a un manque de confiance généralisé parce qu’il n’y a pas pour l’instant d’éléments qui peuvent donner foi en l’avenir aux entreprises. On le voit, le projet européen est un peu en délitement. On voit que les enjeux géopolitiques sont très importants. Il y a beaucoup d’éléments qui font que, pour un entrepreneur, investir pour le moment ça paraît plus un risque qu’une opportunité. Donc, il y a un climat d’attente pour l’instant qui est prédominant".

Pourtant les taux d’intérêts n’ont jamais été aussi bas, donc ça devrait pousser à emprunter, à investir. Et par ailleurs les prix du pétrole sont très bas aussi. Mais selon Didier Paquot, ce n'est pas ce qui compte. "Ce qui importe à une entreprise qui investit, ce n’est pas le taux d’intérêt, c’est la rentabilité qu’elle va avoir sur son investissement".

Et la rentabilité est loin d'être assurée en ce moment. Les entreprises ne sont pas du tout certaines d'attirer assez de clients pour justifier de nouveaux équipements productifs.

Une crise de la demande

Il s'agit d'une "crise de la demande". Les consommateurs préfèrent épargner plutôt qu'acheter, tout simplement parce qu'ils sont inquiets pour l'avenir. Donc pour les entreprises, il faut aller voir sur les marchés plus lointains. L’Afrique par exemple est en pleine croissance, et la demande est énorme là-bas, mais les risques d'investissement restent importants et les banques rechignent à supporter les entreprises dans leurs projets, et cela même si elles ont les reins solides.

C'est le cas de De Smet Engeneering, par exemple. Son patron, Guy Davister, explique: "Nous sommes en train de monter le financement sur un pays africain pour une unité de production de sucre. Les terres sont parfaitement adaptées et, aujourd’hui, ce pays importe la totalité de sa consommation. Donc, le projet, du point de vue économique et du point de vue industriel, fait énormément de sens. Nous nous sommes rapprochés d’un certain nombre d’acteurs financiers en Belgique et à l’étranger pour couvrir ce projet et nous n’avons rencontré, aujourd’hui, d’intérêt que par les banques avec maison-mère allemande".

Relancer l'investissement public

Les banques belges sont plus frileuses. "En tout cas beaucoup plus frileuses que la Chine qui envahit l’Afrique avec des financements extrêmement importants".

Pourtant la Banque centrale européenne fait tout pour les pousser à injecter de l'argent dans l'économie réelle. La BCE n'a jamais mis autant de liquidités à leur portée, mais visiblement, la recette ne prend pas.

Pour l'Union wallonne des entreprises, il faudrait des mesures budgétaires, autrement dit, relancer l'investissement public pour recréer une dynamique porteuse de croissance.

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