Les paiements en argent liquide sont-ils voués à disparaître ?

Le Belge aime le cash
Le Belge aime le cash - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Les paiements en cash sont-ils condamnés à disparaître ? En tout cas, l’Organisation de défense des classes moyennes en Flandre, l’Unizo, souhaite que les entreprises puissent décider d’interdire carrément tous les paiements en cash à leurs clients.

Aujourd’hui, les entreprises sont censées accepter les paiements en espèces, mais l’Unizo veut en finir avec cette obligation. Elle propose que les entreprises qui le souhaitent puissent imposer le paiement électronique à leurs clients, ce que, en pratique, une entreprise sur cinq ferait déjà sur le terrain, selon l’Unizo.

Voici les arguments avancés par l’Unizo pour justifier sa proposition : sécurité, efficacité, vitesse, hygiène. Ce seraient les principaux atouts des paiements électroniques par rapport au cash. Du côté francophone, la directrice du service d’études de l’UCM, l’Union des Classes Moyennes, Clarisse Ramakers, plaide pour que le commerçant et le client puissent continuer à choisir leur moyen de paiement préféré : "Le paiement électronique a un gros avantage qui est celui de la sécurité pour le commerçant qui dispose de moins de cash. Maintenant, les paiements électroniques ont un coût pour le commerçant qui peut tourner autour de 50 euros par mois. On ne peut donc pas obliger un commerçant à avoir ce coût lié à l’acceptation du paiement électronique".

Ces 50 euros couvrent la location du système et le paiement de droits à la société qui fournit le système électronique. "C’est généralement un paiement global qui recouvre la location du terminal de paiement, son entretien et également un petit montant lié à chaque transaction", poursuit Clarisse Ramakers.

Les flux d’argent liquide restent considérables

Il faut bien dire aussi que dans certaines activités, les flux d’argent liquide restent considérables : sur les marchés par exemple, dans certains bistros ou dans toute une série de services. Tout le monde n’a pas nécessairement envie que l’administration fiscale connaisse la totalité de ses revenus ou tout le monde n’a pas envie de payer toute la TVA sur une prestation.

Pratiquement deux paiements sur trois se feraient encore en cash, selon la Fédération belge du secteur financier, Febelfin. C’est important. Febelfin estime qu’en moyenne le Belge a fait 23 retraits de cash en 2018 pour un montant moyen de 145 euros. "Le Belge aime encore le cash. Il évolue à un autre rythme que les Hollandais par exemple, les pays nordiques ou le Royaume-Uni. Ça va prendre plus de temps en Belgique que dans certains autres pays européens, mais ça va venir" selon Karel Van Eetvelt, le CEO de Febelfin.

Selon lui, encore faut-il que tous les commerçants et indépendants proposent une solution de paiement électronique, et ce n’est pas le cas, dit-il, alors que les consommateurs s’attendent à pouvoir payer avec une carte ou un smartphone n’importe où et dans n’importe quelle situation, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, dit-il. En tout cas, selon la firme Worldline, il y a eu - et c’est un chiffre assez intéressant — 2,3 milliards de paiements électroniques chez nous en 2018.

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