Les médicaments sans ordonnance beaucoup plus chers en Belgique. Pourquoi?

Les médicaments sans ordonnance beaucoup plus chers en Belgique. Pourquoi?
Les médicaments sans ordonnance beaucoup plus chers en Belgique. Pourquoi? - © VIRGINIE LEFOUR - BELGA

Les médicaments sans ordonnance vendus dans nos pharmacies seraient trop chers, bien plus chers en tout cas qu’en France ou aux Pays-Bas, selon une étude publiée lundi par le bureau Dedicated à la demande du groupe Medicare Market.

Les enquêteurs de Dedicated ont relevé les prix d’une dizaine de médicaments sans ordonnance très courants, Dafalgan, Gaviscon, Strepsils ou encore Nurofen par exemple.

Ils les ont relevés dans 100 pharmacies en Belgique pour les comparer ensuite avec les prix relevés dans 20 pharmacies frontalières, aux Pays-Bas et en France. Conclusion : en moyenne, ces médicaments sont 25% plus chers chez nous.

Pourquoi ces différences de prix?

Pour Yvan Verougstraete, administrateur délégué du groupe Medicare Market, c’est la conséquence d’un manque de concurrence et de transparence dans ce secteur. "C’est fondamentalement la dynamique du marché aujourd’hui qui ne nous pousse pas suffisamment à la concurrence. Il n’y a pas de possibilité, quelque part, de transparence sur les prix et ce qui fait qu’aujourd’hui, 99% des pharmacies appliquent le même prix, et qui plus est le prix maximal légalement autorisé sur les médicaments non remboursés".

Les pharmaciens pourraient parfaitement baisser les prix de ces médicaments non remboursés, mais l’enquête montre qu’une écrasante majorité ne le fait pas. Peut-être parce que quand un pharmacien baisse certains de ses prix et surtout en fait la publicité, il risque en fait de se retrouver devant son Conseil provincial de l’ordre des pharmaciens pour manquement à la discipline. 

"Nous avons vécu, en tout cas dans certaines de nos pharmacies, des reproches de l’ordre, simplement parce que notre pharmacien avait appliqué, avait indiqué, affiché le prix maximal légal autorisé et le prix qu’il pratiquait lui-même, alors que je pense que ça devrait même être obligatoire dans toutes les pharmacies de créer cette transparence-là", explique Yvan Verougstraete.

"Il faut savoir que pour un pharmacien c’est un choc important de se retrouver face à une douzaine de confrères, devant une sorte de tribunal, parce que c’est de ça dont on parle, et de risquer d’avoir une sanction. Rien que le fait de le convoquer pour ça, c’est déjà un traumatisme important".

Un cartel sur les prix?

La question se pose donc: y aurait-il une sorte de cartel sur les prix entre les officines?

A priori, il est assez difficile d’imaginer tout de même que 5000 pharmacies, 5000 officines forment un cartel pour que toutes appliquent le prix maximum pour les médicaments non remboursés. L’ordre des pharmaciens en tout cas affirme de son côté qu’il n’y a aucune directive qui enjoindrait aux pharmaciens d’appliquer le prix maximum et l’ordre rappelle au passage que la plupart des pharmacies appliquent des ristournes de l’ordre de 10 %. Elles ne comblent donc pas toute la différence avec la France et les Pays-Bas, mais elle l’atténue tout de même un petit peu.

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