Les marques imposent des prix plus élevés au commerçant belge, par rapport à nos voisins

Les marques imposent des prix plus élevés au commerçant belge, par rapport à nos voisins
Les marques imposent des prix plus élevés au commerçant belge, par rapport à nos voisins - © Jonas Hamers - BELGAIMAGE

Chaque citoyen faisant ses courses dans les pays frontaliers à la Belgique l'a déjà remarqué : les prix sont plus bas de l'autre côté des frontières. Le SPF Economie vient de chiffrer ce différentiel : il va de 9 à 13%, pour les produits de marque. Par contre, si l'on prend en compte tous les produits du caddie moyen, cette différence diminue à 4 à 5%, comme l'explique Dominique Michel l’administrateur délégué de Comeos, la Fédération de la Distribution.

"Si on prend l’ensemble des produits c’est-à-dire aussi les marques propres et les produits frais, on arrive à un différentiel à notre désavantage d’environ 4 ou 5 %, ce qui est quand même beaucoup moins grand. Maintenant, c’est toujours trop. Il y a plusieurs raisons bien délimitées. D’abord, on a toujours une différence de coût salarial d’environ 17 % par rapport aux pays voisins. C’est énorme dans un secteur comme le nôtre qui utilise et qui emploie beaucoup de gens."

Mais cet écart salarial seul ne peut pas expliquer cette différence avec nos voisins. Dominique Michel parle également d'une flexibilité moindre sous nos contrées, et surtout, le fait que les grandes marques imposent des prix plus élevés aux commerçants belges par rapport à leurs collègues allemands, français ou néerlandais. "Comeos le dit depuis longtemps, mais maintenant ce n’est plus que Comeos qui le dit, la Commission européenne est en train également de faire une action contre AB InBev, qui va exactement dans le même sens. Donc, nos commerçants belges payent plus cher pour une marque de céréales bien connue que le commerçant français ou allemand."

Alors, que font les commerçants belges face à cette inégalité ? Peuvent-ils entamer un bras de fer avec les grandes marques ? "Les commerçants sont relativement démunis par rapport aux grandes marques internationales, qui ont un monopole sur leurs propres produits. Lorsque vous vendez un soda à base de Cola, vous devez absolument en tant que commerçants avoir ce produit dans vos magasins. C’est une sorte d’obligation, et donc vous êtes en mauvaise position pour négocier contre les firmes internationales."

L'impact des taxations

Autre manière de faire pression, "ces firmes internationales font en sorte que les commerçants belges ne puissent pas s’approvisionner directement en Espagne, en France ou en Allemagne. Elles parviennent à cloisonner le marché, et c’est ça que nous attaquons. Nous disons que nous voulons avoir la possibilité de nous approvisionner également à l’étranger, et pas uniquement en Belgique."

"C’est ça que la Commission est en train d’analyser. Vous voyez donc qu’il y a différentes raisons à cet écart de prix et il y en a encore une quatrième, c’est la différence de taxe. La TVA n’est pas la même dans tous les pays. On vient d’introduire une taxe kilométrique en 2016, dont nous avions dit à l’avance qu’elle aurait un impact de 1 à 2 % sur les prix alimentaires. On l’a quand même faite, et voilà l’impact. Ça également, ce sont les mesures qui sont prises par le gouvernement belge. Parfois elles vont dans le bon sens, comme avec le tax shift, et parfois elles vont dans le mauvais sens."

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