Les marchés boursiers s'enrhument et continuent à tousser

On peut dire que la crise des dettes souveraines inquiète au plus haut point les investisseurs.

C'est d'ailleurs sur la question de son déficit budgétaire que le gouvernement des Pays-Bas est tombé. La grande question qui taraude les marchés est de savoir comment les pays de la zone euro vont surmonter cette crise, comment ils vont arriver à se désendetter alors qu'il n'y a pas de croissance et donc, pas assez d'activité économique pour générer de la richesse et sortir du cercle vicieux. Les Pays-Bas étaient un des 4 derniers "triple A" de la zone euro, un pays modèle donc du coeur de l'Europe, et les voilà qui trébuchent à leur tour sur la manière de retrouver l'équilibre budgétaire. C'est un très mauvais signal. Les investisseurs ont immédiatement sanctionné la nouvelle sur les marchés d'actions et sur le marché obligataire où les taux d'emprunt des Pays-Bas ont augmenté.

Le marché obligataire reste sous tension

Le marché des obligations est celui que les Etats sollicitent pour se refinancer, c'est lui qui fait caisse de résonance à la crise des dettes souveraines en zone euro. Il s'est fortement tendu lundi suite à une série de mauvaises nouvelles: à commencer par la crise politique aux Pays-Bas, mais aussi la récession plus profonde qu'escomptée  en Espagne et le recul des activités de services en zone euro. Sans oublier l'incertitude liée à l'élection présidentielle en France. AU total, les taux d'emprunts d'Etat à 10 ans ont augmenté pour tous les pays de la zone euro, tous sauf l'Allemagne dont les émissions sont prises d'assaut par les investisseurs en recherche de sécurité, cela fait plonger son rendement, le Bund allemand à 10 ans est descendu hier à 1,63%, c'est son plus bas niveau depuis la création de la zone monétaire.  Et cette baisse accentue l'écart (le spread comme on dit) avec les pays périphériques, l'Espagne doit payer plus de 6% sur ses emprunts à 10 ans , c'est 4,5% de plus que l'Allemagne, tout cela dans une même zone monétaire, on peut dire que la tension est à son comble. Et ce ne sont probablement pas les discussions budgétaires d'aujourd'hui à Madrid qui inverseront la tendance.

Françoise Gilain

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK