"Les grosses banques n'ont pas payé assez cher la crise financière"

La faillite de Lehman Brothers il y a 10 ans a généré une crise de confiance vis-à-vis de l'ensemble du monde bancaire, sans exception. L'ecomatin de Matin première revenait avec Alain De Clerck, qui préside la banque CPH, sur le sentiment d'injustice chez les toutes petites banques. 

Cette petite banque a traversé la crise financière sans faire appel à une quelconque aide de l'État belge alors qu'il y a eu des périodes d'activités bancaires très difficiles en particulier dans l'immédiat après crise 2007, 2008 jusqu'en 2012.

Alain Declercq estime que les grandes banques, celles qui ont pris des risques trop de risques n'ont pas assez payé cher la crise financière: "Les petites banques ont surtout été pénalisées par les taxes bancaires. Si je prends mon exemple, je n'ai pas fait appel aux chefs d'État. CPH est passé à travers la crise, on a géré ça en bon père de famille et c'est un peu comme si vous aviez une assurance voiture ; il y en a qui crashent et qui font des bidules et des machins et il y en a un qui conduit sérieusement. Et puis tout le monde se retrouve au même bonus-malus".

Le problème c'est que la séparation entre banque de détail et banque d'affaires n'a en pratique jamais été finalisée. Pour le patron de la banque CPH, si on compare les dix plus grosses banques européennes en 2007-2008 avec les dix plus grosses banques européennes en 2018, celles d'aujourd'hui sont tout simplement plus grandes qu'il y a dix ans.

Quel risque majeur pour la stabilité du système financier à l'avenir? "Il ne faut pas me demander où il y a une bulle aujourd'hui. Par définition, je ne sais pas. Souvent, ça ne se passe pas comme prévu. Donc tout le monde se dit qu'il y a une bulle sur l'immobilier, mais il y a une grande chance que ça viendra peut-être de je ne sais pas où..."

La solvabilité des ménages et des entreprises n'est pas meilleure aujourd'hui qu'il y a 10 ans. Les indices boursiers et l'immobilier ont dépassé les sommets qu'ils avaient atteints avant la crise. L'endettement privé est souvent pointé du doigt comme un risque majeur aujourd'hui.

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