Les grandes entreprises belges ne seraient pas assez transparentes

Les grandes entreprises ne communiqueraient pas assez sur leurs structures
Les grandes entreprises ne communiqueraient pas assez sur leurs structures - © SISKA GREMMELPREZ - Belga

Les plus grandes entreprises belges cotées en bourse publient plus d'informations que par le passé sur leurs programmes anti-corruption mais devraient encore accroître la transparence sur leurs opérations, selon une nouvelle étude publiée par Transparency International Belgium.

Le rapport, intitulé "Transparence dans les rapports d'activités d'entreprises : Évaluation de 10 entreprises belges cotées", évalue les plus importantes sociétés cotées en bourse sur la base de leur engagement public en faveur de la transparence.

"Alors que l'on cherche à se relever de la crise économique, davantage de chefs d'entreprise belges doivent s'engager contre la corruption", déclare la présidente de Transparency International, Chantal Hébette.

La méthode utilisée par Transparency International prend en compte les informations fournies à propos des structures, des systèmes anti-corruption ainsi que la quantité d'informations financières fournie pour chacun des pays dans lesquels ces entreprises opèrent. Les notes obtenues par les entreprises vont de 0 à 10.

Les entreprises belges les mieux cotées sont peu transparentes

"La transparence moyenne de ces 10 entreprises belges est faible (note moyenne de 4,7 sur 10) comme l'est d'ailleurs celle des 105 plus grandes multinationales dans le monde (4,8)", précise l'étude. Mais les grandes entreprises belges les plus transparentes, KBC (6,4) et Solvay (6,1), le sont toutefois moins que certaine entreprises étrangères, telles que Statoil - Norvège (8,3) ou Rio Tinto - Australie/UK (7,2).

"Ainsi, KBC Group publie de très bonnes  informations sur ses programmes anti-corruption et sur ses filiales, mais n'informe pas sur les impôts qu'elle verse et les revenus qu'elle génère dans les pays où elle opère", explique le communiqué de Transparency International.

"La transparence des informations publiques fournies par certaines entreprises belges laisse fortement à désirer", commente l'organisation citoyenne internationale, alors que l'opacité des structures a joué un rôle déterminant dans les récentes crises financières, ajoute-t-elle. Mais, ajoutent les auteurs de l'étude, d'autres entreprises belges ont consenti des efforts pour pallier le manque de transparence.

Les informations publiques sur les filiales, joint-ventures et autres participations des entreprises sont incomplètes, d'après Transparency International. Seules 6 des 10 entreprises, soit  Belgacom, Colruyt, Delhaize, KBC, Solvay et UCB communiquent  la liste complète de leurs filiales à 100%.

Et comme les 105 plus grandes multinationales, les 10 entreprises belges communiquent peu ou pas de données financières qui permettraient de savoir dans quelle mesure les opérations menées dans des pays en développement profitent aux gouvernements locaux, déclare Transparency International. "Il est difficile d'identifier où les entreprises font des profits, paient des impôts ou financent des campagnes politiques" ajoute l'organisation, qui précise qu'aucune des 10 entreprises n'informe le public sur les revenus provenant des pays où leurs filiales sont enregistrées, ni sur les impôts qui sont versés aux gouvernements de ces pays.

Pour Transparency International, transparence doit être soutenue par les pouvoirs publics

Les pouvoirs publics belges doivent faire de la transparence une obligation pour toutes les entreprises qui sollicitent des subventions à l'exportation ou qui concourent à des marchés publics. Les investisseurs doivent réclamer plus de transparence dans la publication d'informations par les entreprises, afin de garantir à la fois une croissance éthique et durable des activités et une gestion saine des risques.

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