Les fonds activistes, une pratique en plein essor

Un activiste est un organisme qui réunit l'argent de plusieurs investisseurs et qui le place ensuite dans divers produits financiers comme des actions. Avec cet argent, ils vont devenir actionnaires minoritaires, très minoritaires — généralement, 4 ou 5% du capital — d’une société qu’ils jugent pas assez rentable et pas bien gérée. Et une fois à l’intérieur du capital, ils vont essayer de faire changer la gestion radicalement. Le critère principal pour choisir une cible, c’est le manque de performance de l’entreprise, peu importe sa taille ou son actionnariat, selon Mikael Petitjean, professeur de finance à la Louvain School of Management à l’UCL. 

"Même quand l’actionnariat est relativement concentré, ils essaient malgré tout d’entrer dans ces groupes-là pour restructurer et réorganiser le mode de fonctionnement de l’entreprise lorsqu’ils estiment qu’il y a de la valeur qui n’est pas suffisamment exploitée, par exemple lorsqu’une part de cette valeur est captée par les dirigeants de l’entreprise et/ou par les employés, alors que les actionnaires, eux, ne sont pas suffisamment rétribués selon leur objectif", explique le professeur. 

Montée en flèche

226 raids activistes en 2018, c'est 20% de plus qu’en 2017. Certaines de ces opérations sont d’ailleurs toujours en cours. C’est le cas par exemple du raid du fonds américain Elliott contre Pernod-Ricard, la firme française. Ce raid a été lancé en décembre dernier. Un chiffre pour mesurer l’ampleur au niveau international de ce phénomène : l’année passée, les fonds activistes ont investi 65 milliards de dollars dans ces opérations qui attaquent ces entreprises cotées.

Même si on ne peut pas affirmer que ces fonds détruisent la valeur parce que généralement, après deux ou trois ans, la valorisation de ces groupes est meilleure qu’au préalable. Les rendements sur actifs sont plus élevés qu’avant l’intervention de ces fonds. C'est tout bénéfice pour les actionnaires, mais les salariés des entreprises visées par ces raids peuvent en pâtir.

Pour Mikael Petitjean, il est probable qu’après la crise financière de 2008-2009, les entreprises ont globalement connu pas mal d’années de croissance et certaines n’ont pas nécessairement fait tous les efforts nécessaires pour s’adapter, pour adapter leur périmètre, leurs activités et leur gestion. Certaines se sont peut-être un peu endormies sur leurs lauriers et elles sont donc devenues des proies.

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