Les "extrapreneurs" : innover pour entreprendre différemment

Les "extrapreneurs" sont des personnes qui veulent entreprendre différemment, lancer des projets économiques durables, devenir acteurs de la transition économique en répondant à quelques-uns des grands défis de notre société : l’environnement, le climat et l’inclusion sociale, par exemple.

Michel de Kemmeter porte ce mouvement des "extrapreneurs" : "Nous avons eu la semaine dernière quelqu’un qui est arrivé et qui a dit : 'J’ai un projet, le projet est super, vraiment excitant, un projet dans l’alimentation durable', et là nous allons chercher des entreprises qui pourraient être des sponsors et qui pourraient s’approprier le projet. D’autre part, nous avons des entreprises qui ont besoin d’innover et ça va rester leur projet, donc nous allons faire aboutir le travail, en quatre mois ils vont récupérer le projet. D’autres entreprises ont dit : 'nous voulons mettre notre doigt dedans', et apportent une partie des ressources, un bâtiment ou quelque chose".

Selon Michel de Kemmeter, pour se lancer, il faut apprendre à entreprendre autrement, à inventer puis valider un modèle d’entreprise solide. La prochaine session de formation débutera bientôt et ce sera cette fois dans le Brabant wallon. Parmi les projets, il y en aura par exemple un qui concerne du recyclage décentralisé, avec en l’occurrence six mini usines de traitement des déchets.

"Traiter les déchets sur place veut dire ne plus devoir les transporter, donc une énorme économie en coûts et en impact de CO2, mais ça veut dire qu’on va un peu enlever du carburant pour l’incinérateur. Ce n’est donc pas très confortable pour le secteur existant, puisqu’on va par définition disrupter une partie de ce secteur — ça va rester à petite échelle, donc il faut commencer quelque part — mais ce sont effectivement des collaborations avec le traitement des déchets organiques des grandes surfaces, le traitement des déchets organiques de parcs d’activités, etc. Ce sont donc réellement des collaborations multi-parties prenantes" explique Michel de Kemmeter.

De nouveaux business models

Et au bout du compte, il faudra bien sûr qu’un acteur économique s’empare du projet, se l’approprie, et cela pourrait par exemple être un parc d’activités : "Ça, c’est le business model que nous allons devoir développer, c’est le design, la construction, le financement de l’opération. On va donc aussi inventer de nouveaux business models. Ou bien eux achètent la micro usine ou nous la finançons et nous facturons du coup le traitement des déchets", précise-t-il.

Un autre exemple est dans le domaine de l’inclusion sociale : c'est le projet du courtier en assurance wallon DAP, que décrit encore Michel de Kemmeter : "Le plus gros courtier d’assurance wallon a dit : 'on a contact avec des entreprises qui ont beaucoup de matériel informatique, je vais dans la foulée leur demander de récupérer leur matériel informatique et nous allons envoyer ce matériel informatique vers une prison. Nous allons former des prisonniers à reconditionner ce matériel informatique et tout ce qui est reconditionné va être envoyé dans des écoles que je connais au Sénégal qui ont besoin de ce matériel, et ce qui n’est pas recyclable sera démonté et amené en recyclage'". Au lieu de l’envoyer dans des décharges en Afrique ou en Asie, comme on l’a vu trop souvent ces dernières années. Les premières machines seront reconditionnées dès l’été prochain. Il n’y aura pas que ce projet ou que les mini usines de traitement des déchets, la prochaine session d’extrapreneurs couvrira bien d’autres domaines, comme l’éco-habitat, le traitement des déchets, mais cette fois sur chantier, ou encore — très important — l’éveil des vocations.

Plus de détails sur le site extrapreneurs.org

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