Les exportations belges vers la Chine toujours aussi inégales: moins 13,4% en 2018

La Chine a déployé un équipement sur la face cachée de la lune. Des sous-traitants belges spécialisés pourraient bénéficier de cet intérêt chinois pour l'aérospatial.
La Chine a déployé un équipement sur la face cachée de la lune. Des sous-traitants belges spécialisés pourraient bénéficier de cet intérêt chinois pour l'aérospatial. - © SAUL LOEB - AFP

Intégrer les nouvelles routes de la soie, à l'image de l'Italie depuis l'accord du 23 mars, c'est accepter que Pékin co-pilote un vaste projet d'infrastructures locales, terrestres, maritimes. Introduire un loup dans la bergerie? Ou développer des relations commerciales avec un géant de l'économie mondiale en même temps qu'une infrastructure qui servira à d'autres activités nationales et internationales? La Belgique n'en est pas là, même si le souhait semble bien de favoriser les échanges avec la Chine.

Le double d'importations

Depuis le mois d'octobre 2018, des trains de marchandises circulent sur la ligne ferroviaire Zhengzouh (au centre de la Chine)-Liège. L'engagement d'alors sera tenu: d'ici à la fin de l'année 2019, un troisième convoi va assurer l'aller-retour chaque semaine. "Cet accord avec une compagnie ferroviaire semble donner des idées à la concurrence, commente Michel Kempeneers, inspecteur général à l'Awex, l'agence wallonne à l'exportation, en charge du développement des relations avec l'Asie. Cette accélération possible paraît en tout cas nécessaire pour rééquilibrer la balance commerciale ou, au moins, éviter qu'elle ne penche à ce point: en 2018, la Belgique a exporté pour sept milliards d'Euros de biens et services, pour des importations de l'ordre de 15,1 milliards.

Ou une baisse de 13,4% d'un côté, de 0,2% de l'autre.

La puissance du marketing

Aujourd'hui, leurs revenus permettent à près de 400 millions de Chinois d'acheter des produits européens. Et ils consomment à tout-va, sous l'influence grandissante du marketing: "ils préféreront peut-être un produit allemand qui est très bien promotionné mais qui à nos yeux est de moins bonne qualité à un produit belge authentique du terroir, une bière spéciale, un chocolat, par exemple. Ces produits allemands connaissent un succès parce qu'ils sont accompagnés dans leur marketing par une puissance financière. Et que des vedettes locales du show-business ou du sport en font la publicité."

Confiance dans les sous-traitants

Un recul qui n'est pas forcément inscrit dans le temps. Avant cette chute annuelle en 2018, les exportations avaient augmenté de 15% en 2017 (essentiellement grâce aux produits chimiques), de 3% en 2016, baissé de 10% en 2015, augmenté de 4,5% en 2014, diminué de 5% en 2013.

A ces fluctuations, s'ajoute ce vent d'espoir: "nous n'avons pas de grosses industries, mais un bon réseau de sous-traitants, notamment dans l'aéronautique et l'aérospatiale, deux secteurs en développement en Chine", souligne Michel Kempeneers. Et plutôt que d'exporter vers des clients tels que Boeing et Airbus ou les chemins de fer, SNCF, Siemens, Alstom, peut-être que nos sociétés sous-traitantes seront en relation demain avec d'autres donneurs d'ordre qui sont asiatiques."

En 2018, la Belgique a exporté pour 30,6% de produits chimiques, pour 14,7% de machines et équipements, pour 10,8% de métaux de base. Elle a importé pour 22,4% de machines et équipements (essentiellement électroniques, en tout ou en parties), pour 13,2% de textiles et pour 11,2% de produits chimiques.

 

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