Les euro-obligations: "une bonne idée" mais pas pour tout le monde

Angela Merkel le 29 juin dernier
Angela Merkel le 29 juin dernier - © Archive EPA/Maurizio Gambarini

La ministre espagnole de l'Economie, Elena Salgado, a estimé mardi que les "euro-obligations" étaient "une bonne idée" qui peut faire son chemin, mais qui nétait "pas à l'ordre du jour", certains pays comme l'Espagne devant "faire des réformes" pour atténuer les "réticences" allemandes.

Berlin avait fait savoir, à la veille du sommet franco-allemand sur la crise de la dette de mardi, que les euro-obligations, qui permettraient de mutualiser la dette des pays de la zone euro, n'étaient "pas une option".

Angela Merkel ne veut pas de ce système d'émissions obligataires commun à tous les Etats de l'euro-zone parce qu'il ferait perdre à l'Allemagne ses avantages de meilleur emprunteur. 

Tant pis donc pour les pays les plus fragiles qui le réclament, tout comme les marchés. Et de même, il ne sera pas question, entre l'Allemagne et la France aujourd'hui, d'augmenter l'enveloppe du Fonds Européen de stabilité financière, doté jusqu'ici de 440 milliards d'euros. 

Il faudra attendre

"Je pense que ce serait une bonne idée mais je ne la vois pas, sincèrement, en ce moment, à l'ordre du jour", a affirmé Elena Salgado à la radio Cadena Ser.

"J'insiste. Je pense que ce serait une bonne idée qui peut faire son chemin peu à peu", a-t-elle répété.

Mais pour cela, "il est absolument indispensable que les pays qui ont besoin de faire des réformes, les fassent en profondeur et avec détermination", a-t-elle ajouté, évoquant des "réticences" dans l'opinion publique allemande "sur le fait d'avancer dans l'intégration fiscale" européenne.

L'émission d'euro-obligations, dont le taux serait une moyenne de ceux auxquels les différents pays membres se financent, serait évidemment défavorable au meilleur élève de la zone euro: l'Allemagne. Mais elle permettrait aux pays les plus fragiles, comme la Grèce, l'Irlande et le Portugal, de se refinancer dans de bien meilleures conditions.

"Nous avons une politique monétaire commune et une politique budgétaire individuelle dans chaque pays", ce qui se traduit par des taux d'intérêt différents, et "tant que c'est le cas, des euro-obligations ne sont pas une option", avait clairement affirmé lundi un porte-parole du ministère allemand des Finances.

Ces déclarations interviennent alors que le président français et la chancelière allemande Angela Merkel discutaient mardi à Paris du renforcement de la gouvernance économique de la zone euro.


Belga

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