Les entreprises alimentaires wallonnes à la recherche de travailleurs qualifiés

Le poids de l’industrie alimentaire en Wallonie dans l’emploi et les investissements industriels ne cesse d’augmenter depuis quelques années, mais il y a des problèmes, notamment en termes d’emploi des jeunes. Selon Guy Paternoster, le président de Fevia Wallonie, la fédération qui représente l’industrie alimentaire, ce secteur représente "22 000 postes de travail dans nos entreprises, 400 entreprises, donc un secteur avec beaucoup de PME. Sur l’année 2017, c’est une croissance d’environ 5% en termes d’emploi et on constate cette évolution depuis plusieurs années. On est vraiment un secteur qui grandit, qui investit, qui exporte et qui engage, mais qui a effectivement quelques soucis de recrutement", explique-t-il, interrogé sur La Première.

Selon lui, ce désintérêt peut s'expliquer par "différents facteurs. On est confronté à cette problématique des métiers en pénurie, comme beaucoup d’autres secteurs. Ce sont principalement les métiers à profil technique, et ça va des agents de fabrication et des opérateurs en ligne jusqu’aux ingénieurs. On a la particularité d’être un secteur qui peut offrir des jobs à tous les profils et à des niveaux de formation très différents ; les peu qualifiés ont une place dans notre secteur. On est un secteur où on investit beaucoup en formation. Le deuxième élément est l’attractivité du secteur. On était un secteur un peu moins connu par rapport à d’autres grands secteurs, comme la pharmacie ou l’informatique, et donc des actions sont maintenant lancées depuis quelques années pour renforcer cette attractivité".

Déficit de compétitivité

Guy Paternoster dénonce aussi une "accumulation de taxes, que ce soit TVA ou la fameuse taxe santé, la taxe transport" : "On arrive à un déficit de compétitivité par rapport à d’autres pays voisins. Et quand on parle de pays voisins, ce sont la France, l’Allemagne et la Hollande. En Belgique, on est très vite dans un pays voisin et on constate effectivement une augmentation des achats transfrontaliers, parce qu’au final ce déficit de compétitivité peut se marquer dans le prix de certains produits".

"C’est vraiment une concurrence un peu déloyale qui arrive sur ce niveau dans un pays dont les frontières sont ouvertes, et dans un secteur qui exporte près de la moitié de sa production. C’est donc important de rester compétitif. Notre croissance vient principalement aujourd’hui de l’exportation" conclut-il.

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