Les entreprises, acteur clé pour lutter contre les violences conjugales

CEASE lance une plateforme d'e-learning pour former les entreprises à détecter et soutenir les victimes de violences conjugales.
CEASE lance une plateforme d'e-learning pour former les entreprises à détecter et soutenir les victimes de violences conjugales. - © D.R.

CEASE, c’est un projet européen qui ambitionne de faire de l’entreprise un acteur central dans la lutte contre les violences domestiques. Les chargés du projet sont partis d’un constat : 72,9% des victimes affirment que les violences domestiques ont un impact sur leur environnement professionnel. Fatigue, stress… Une évidence, certes, mais il convient tout de même de le rappeler. L’idée est donc de créer des formations pour permettre aux employés des entreprises de mieux détecter et soutenir les victimes de violences conjugales.

"Ce qui a marché au départ, c’est que nous n’étions pas dans quelque chose de négatif ou de culpabilisant. Du coup les entreprises étaient motivées, elle ne pouvait que faire le bien, il n’y avait pas de situation d’inégalité à réparer. En Belgique, un argument qui marchait bien était celui du bien-être en entreprise", explique Anna Metral, chargée du projet en Belgique.

Un réseau européen d’entreprises

Ce sont finalement 17 entreprises belges qui ont rejoint le réseau. 34 au niveau européen. "On ne s’attendait vraiment pas à ce qu’autant d’entreprises nous rejoignent, il y avait un vrai intérêt", explique Anna Metral.


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Et en 2018, les dirigeants de ces entreprises ont signé, ensemble, une charte d’engagement contre les violences conjugales, un premier pas. "Ce n’est pas contraignant mais c’est un engagement symbolique fort", précise la chargée de projet.

80 personnes déjà formées en Belgique

L’idée est simple, si l’entreprise dispose des outils adéquats, elle peut venir en aide à une personne victime de violences conjugales.

300 personnes en Belgique ont été déjà été formées et ont ainsi compris, qu’à leur niveau, plusieurs choses étaient possibles, "par exemple l’aménagement des horaires, une ligne téléphonique spéciale ou déviée, un accompagnement dans les transports en commun. Il est possible également de répartir la charge de travail. Mais aussi et c’est important, d’assurer une stabilité financière. Par exemple, l’entreprise peut proposer une impossibilité de licenciement pendant une période, même si ce n’est pas légalement contraignant."

Une plateforme d’e-learning pour plus d’impacts

Ce mercredi, CEASE lançait une plateforme en ligne d’e-learning permettant de suivre les formations à distance. C’est gratuit, traduit en plusieurs langues et ouvert à tous.


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Pour Anne Metral, la plateforme devrait permettre d’agir plus largement auprès des employés, mais ce n’est pas suffisant. "Il est important aussi que nous soyons au sein de l’entreprise, au sein de leur environnement. On sent qu’il faut aller plus loin. Vu que c’est un sujet social et compliqué, ça met du temps pour que les gens soient à l’aise. On voit qu’ils veulent bien faire et du coup parfois ils n’osent pas. Ce n’est pas évident de savoir quoi faire concrètement", explique Anne Metral. Et de conclure : "Il faut être sûr de l’accompagnement sur le terrain de manière plus rapprochée".

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