Les enjeux environnementaux, économiques et géopolitiques des batteries du futur

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temporary-20190719085144 - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

C'est une nouvelle découverte de l'UCLouvain dans le domaine énergétique. Des chercheurs ont développé une batterie qui réduit considérablement les risques d'incendie et qui pourrait un jour stocker beaucoup plus d'électricité qu'aujourd'hui en toute sécurité. Une belle avancée technique et scientifique, mais avec de vrais enjeux économiques également.

Les batteries sont aujourd'hui le nerf de la guerre dans plusieurs domaines stratégiques. Mobilité, énergie, objets connectés... mais la question reste la même : comment parvenir à stocker de l'énergie renouvelable ? C'est un enjeu capital pour l'avenir. Des chercheurs de Louvain-la-Neuve viennent de donner un début de réponse.

Quand tout le monde arrive le soir chez soi et allume en même temps la lumière, les centrales électriques, qu'elles soient au gaz ou au nucléaire, produisent plus. L'offre et la demande s'ajustent en temps réel. Mais demain, quand nous dépendrons beaucoup plus des énergies vertes pour avoir de l'électricité, il faudra qu'il y ait du vent dans les éoliennes, du soleil dans les panneaux photovoltaïques, et de l'eau dans les barrages. Cette énergie devra donc être stockée pour l'utiliser au bon moment.

Nouvel or noir

Tout l'enjeu est donc de produire de l'électricité quand la nature le permet, et de parvenir à la stocker. Une opération encore problématique aujourd'hui. C'est la raison pour laquelle tous les géants énergétiques dépensent des budgets parfois colossaux en innovation dans le domaine des batteries. Ils anticipent la diminution (voire la disparition) à long terme du pétrole et la sortie du nucléaire. Pour Geoffroy Hautier, l'un des chercheurs qui a développé ce nouveau matériau dont on parle aujourd'hui, c'est à ce moment-là que nous aurons besoin de batteries. "Si l'on veut passer à l'énergie renouvelable, il va falloir stocker l'énergie. On va devoir passer par là. Aussi, si on veut ne plus avoir d'essence, ne plus utiliser de pétrole, comment va-t-on faire avancer nos voitures sans essence ? Une des options est d'utiliser des batteries, donc d'utiliser l'électricité, transformer les transports", prévoit-il.

En d'autres termes, ces batteries seraient le nouveau pétrole, le nouvel or noir dans le domaine de l'énergie. Cette recherche de l'UCLouvain a d'ailleurs été partiellement financée par Toyota, preuve de l'intérêt des entreprises dans cette innovation.

Bien sûr, les batteries sont déjà essentielles aujourd'hui dans nos smartphones, dans les vélos ou trottinettes électriques, et il y a encore un énorme potentiel à court terme, principalement dans la voiture électrique. C'est ce qui intéresse particulièrement Toyota, ainsi que la plupart des constructeurs automobiles.

Le marché est à la fois énorme et sur le point de s'ouvrir. Les entreprises y voient naturellement une opportunité d'investir et de réaliser un bénéfice à terme sur ces ventes de ces batteries.

La Chine domine

Enfin, ces batteries présentent aussi des enjeux géopolitiques. Actuellement, un rapport de force existe entre ceux qui produisent du pétrole et du gaz, et ceux qui en dépendent. Les batteries sont probablement l'enjeu énergétique de demain, et il se trouve qu'aujourd'hui, presque 90% des batteries sont produites par la Chine.

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