Les écochèques, vraiment éco?

Les écochèques sont un complément de salaire. Un travailleur dans le privé peut recevoir jusqu’à 250€ par an en chèque de 10€. L’avantage pour l’employeur c’est qu’ils sont complètement exonérés de charges sociales. Cela lui coûte donc moins cher de payer son employé en chèques que d’augmenter son salaire d’une somme nette équivalente pour l’employé. C’est le même principe que les chèques-repas : un avantage extralégal.

Les écochèques, eux, permettent aux travailleurs qui en bénéficient d’acheter des biens ou des services écologiques : de l’électroménager performant énergétiquement, de l’alimentation bio, des séjours d’écotourisme, des matériaux de construction et d’isolation naturels, un vélo électrique, des arbres ou des plantes pour le jardin, des panneaux solaires, des billets de train… La liste des possibilités est longue et disponible sur le site du Conseil National du Travail (en annexe, à la dernière page, de la Convention collective de travail qui organise le système des écochèques).

Des tonnes de CO2 épargnées

L’année dernière, 226 millions d’euros ont été dépensés en écochèques. 226 millions d’euros consacrés donc, a priori, à des achats écologiques. Quel est le bilan carbone de cet incitant à acheter vert ? « Le bilan est très bon » assure Antoine Geerinckx le responsable de CO2 Logic, un bureau d’étude indépendant qui a évalué les économies d’énergie réalisées grâce aux écochèque. « En 2018, il y a eu une réduction entre 129 000 et 290 000 tonnes de CO2. Ces économies n’auraient pas eu lieu si on n’avait pas redirigé le consommateur vers des produits plus durables ».

C’est le cas d’un consommateur qui achèterait une ampoule LED plutôt qu’une ampoule classique parce que la LED lui revient moins cher avec un écochèque. C’est le cas de quelqu’un qui achèterait un frigo A ++, très performant énergétiquement donc, au lieu d’un frigo meilleur marché moins performant. Ça pourrait aussi être un bricoleur qui achète de la peinture à la chaux ou à l’argile plutôt qu’à l’acrylique pour repeindre sa chambre. En tout, 226,6 millions ont été dépensés en écochèque l’année dernière.

Un incitant à acheter vert

Evidemment, c’est compliqué d’objectiver une émission de CO2 qui n’a pas eu lieu. A quoi compare-t-on l’achat « vert » ? L’acheteur n’aura-t-il pas acheté de toute façon une ampoule LED, même sans chèque ? « C’est pour cela que donner un chiffre est compliqué et que nous donnons une large fourchette d’économie d’énergie précise Antoine Geerinckx. Mais ce qui est sûr, c’est que les écochèques servent à orienter le choix du consommateur. En matière de produits et services durables, il y a énormément désinformation parfois même de désinformation. Les écochèque sont une garantie de servir à acheter des produits qui ont démontré un avantage climatique. C’est un incitant à acheter un produit qu’on aurait pas acheter sans ».

Cette incitation à acheter « vert » fonctionne principalement dans les domaines de la mobilité, du bricolage et jardinage et de l’électroménager. Ce sont les segments qui ont permis le plus d’économie d’énergie.

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