Les dirigeables, une alternative écologique aux avions, mais leur envol se fait attendre

Plus de quatre-vingts ans après la catastrophe du Hindenburg, le dirigeable pourrait faire sa réapparition dans notre ciel. Et la Wallonie est dans la course. Laurent Minguet, l’homme d’affaire liégeois a créé, avec sa société Flywin, un prototype de dirigeable. Mais sous-dimensionné (il fait 15 mètres de long) et sous financé, il peine pour l’instant à prendre son envol.  

Or, une étude scientifique l’atteste, les dirigeables sont une alternative écologique pour le fret aérien de marchandises. Plusieurs sociétés dont Amazon sont actuellement dans la course pour créer leurs dirigeables 2.0, qui n’ont plus grand-chose en commun avec les dirigeables du siècle dernier. 

Un funeste prédécesseur

 

Souvenez-vous, c’était en 1936. Le Hindenburg, un saucisson de 200 mètres de long était inauguré en grande pompe par la firme Zeppelin à Friedrichshafen en Allemagne pour assurer une ligne commerciale Europe/Etats-Unis. A son bord, il pouvait transporter 80 personnes.

Mais quelques mois plus tard, il est détruit par un incendie à Lakehurst, dans le New Jersey. L’accident fait 35 morts. L'événement est filmé en direct à l’époque. Ces images détruisent la renommée de la firme Zeppelin et signent l’arrêt de mort de cette technologie.

 

L’hydrogène plutôt que l’hélium

Les dirigeables étudiés et expérimentés aujourd’hui évolueraient dans les couches supérieures de l’atmosphère pour exploiter le jet-stream, un courant d’air très rapide qui effectue le tour de la planète. Ils pourraient donc effectuer des trajets très longs mais en émettant beaucoup moins de pollution. Ils pourraient faire une taille de plusieurs centaines de mètres de long et transporter des tonnes de marchandises. Contrairement aux ballons, ils seraient gonflés à l’hydrogène plutôt qu’à l’hélium. Selon Patrick Hendrick, professeur en aéro-thermo-mécanique à l’ULB, l’Université Libre de Bruxelles : ‘l’hélium est un gaz trop cher et qui pourrait se raréfier à l’avenir. On ne le trouve que dans des poches de gaz naturel en profondeur. L’hydrogène, lui, peut être produit avec des énergies renouvelables, telles que le solaire ou l’éolien.’

Mais l’hydrogène est un gaz très inflammable. Un écueil rejeté par ce spécialiste, qui estime qu’utilisé correctement, il ne pose aucun problème. Par ailleurs, ces transports de fret de marchandises du futur se ferait de manière téléguidée, sans personne à bord, un peu comme un drone.

 

Plusieurs sociétés dans la course aux dirigeables

 

La société wallonne Flywin n’est pas la seule dans la course aux futurs dirigeables.  La société française Flying Whales (en français Baleines volantes) table aussi sur un projet de transport de marchandise. D’ici 2022, elle veut bâtir sa première usine d’assemblage qui produirait 10 dirigeables par an. Soutenue par la région Nouvelle-Aquitaine et l’Office national des forêts, Flying Whales compte aussi spécialiser ses dirigeables notamment dans le débardage de troncs d’arbre en zones difficiles d’accès, déplacer des pales d’éoliennes…

Amazon planche également sur un projet de dirigeable transporteur de fret de marchandises mais difficile, pour l’instant, de connaître son état d’aboutissement.

Stratobus, le ballon stratosphérique maintenu en position stationnaire à 20 Kms du sol est un autre projet, porté notamment par l’ESA, l’agence spatiale européenne. Son mode de fonctionnement serait similaire à un satellite. " L’avantage, nous explique Patrick Hendrick, c’est qu’il y a moins de vent à cette altitude. Les ballons y seraient mieux stabilisés. Mais le problème est la pression. Avec 20 fois moins de pression qu’au sol, les volumes des ballons gonfleraient trop. "

Aircruise Ship est un concept de dirigeable à hydrogène conçu comme une combinaison de navire de croisière et d’avion. Conçu par la société britannique Seymourpowell , il pourrait transporter une centaine de personnes à son bord. Son sol en verre donnerait une vue imprenable sur la terre.

Aucun de ces projets n’est vraiment mûr pour l’instant. Mais, selon Patrick Hendrick, la technologie est prometteuse, d’autant plus avec l’arrivée de matériaux textiles composites qui vont révolutionner ce domaine.

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