Les denrées alimentaires de plus en plus chères à cause des spéculations

Sur un marché en Inde
Sur un marché en Inde - © DIVYAKANT SOLANKI (archives EPA)

Après la crise des prix agricoles en 2008, un constat, en 2011, la spéculation reprend. De nombreux acteurs financiers placent massivement des moyens sur ces marchés, faisant monter les prix et aggravant ainsi la faim et la pauvreté dans le monde.

C'est la conclusion d'une étude de plusieurs ONG européennes. Mais il y a aussi le problème des achats croissants et massifs de terres dans de nombreux pays, notamment du Sud. Là aussi les ONG stigmatisent l'attitude d'une série d'opérateurs. Stéphane Desgain, du CNCD, Centre National de Coopération au Développement: "Les acteurs financiers savent que l'achat de terre est un facteur qui sera très rentable, dans des endroits où la terre n'est pas chère mais est de très bonne qualité, pour pouvoir produire des cultures qui seront rentables, entre autre et bien souvent, malheureusement, des agro-carburants. Et nous avons donc des acteurs bancaires ici en Belgique, qui profitent de cet engouement qu'on peut acheter aujourd'hui des terres, des surfaces de terre phénoménales. Les deux banques piliers, c'est Dexia Belgique mais surtout la Banque KBC qui continue ce qu'elle avait déjà fait en 2008 d'investir massivement aussi bien dans les produits dérivés des produits agricoles mais aussi dans l'achat de terre, massif, des centaines de milliers d'hectares en Ukraine, en Russie. On est avec une banque qui est issue du milieu agricole et qui est un acteur qui, aujourd'hui, fait de la contre-réforme agraire. C'est quand même paradoxal, on est en Belgique avec des acteur de la coopération qui soutiennent les petits paysans, qui donnent l'accès aux petits paysans à des surfaces pour pouvoir cultiver et vivre décemment et on a des acteurs financiers aujourd'hui en Belgique qui reconcentrent les terres dans les mains de quelques-uns."

Marc Molitor

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK