Les débuts de la voiture à hydrogène : "19 immatriculations en Belgique"

Les débuts de la voiture à hydrogène : "19 immatriculations en Belgique"
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Les débuts de la voiture à hydrogène : "19 immatriculations en Belgique" - © THIERRY ROGE - BELGA

Le 8 octobre 2018, il y a tout juste un an, le groupe Colruyt et sa marque Dats 24 inaugurait à Hal une station à hydrogène. Il s’agissait, sur le sol belge, de la troisième station, la deuxième accessible au public avec celle de Zaventem.

Pour la marque, le but est double : utiliser l’hydrogène pour ses employés et le rendre commercialement disponible au public.

À côté de l’essence et du diesel, il y a une série de nouvelles offres qui permettent un "plein". L’hydrogène (H2) permet de le faire en 4 à 5 minutes, plus rapide donc qu’une recharge électrique. L’autonomie est de 600 à 700 kms pour le dernier modèle de Hyundai constatent les utilisateurs. Pour Colruyt, un an après l’inauguration, il s’agit toujours "d’un début".

"Une petite quinzaine de véhicules de société fonctionnent à l’hydrogène", explique Maaerten Van Houdenhove, responsable presse DATS 24. Il s’agit donc d’une proportion relativement réduite sur l’ensemble des milliers de véhicules. Le groupe Colruyt compte 30.000 employés. Celui-ci ne souhaite pas communiquer sur la taille de sa flotte mais précise que 50% de ses véhicules sont verts : soit en CNG, soit électrique.

Un an après le reportage ci-dessous, les utilisateurs tirent un premier bilan positif de leur passage à l’hydrogène. "La conduite est très agréable et performante, silencieuse tout en disposant d’une autonomie correcte pour organiser leur mobilité professionnelle, personnelle et familiale. L’échappement ne rejette que de l’eau", explique Maaerten Van Houdenhove.

Quatre nouvelles stations d’ici 2021

En un an, la nouvelle station a connu trois pannes : des pleins qui prennent plus de temps, une réparation n’a pas pu avoir lieu avant une semaine. Des pleins avec une autonomie moins importante. "Cela fait partie des inconvénients et des maladies de jeunesse", répond-on.

"Lorsqu’un problème technique survient, nous avertissons nos collaborateurs un par un et nous prévoyons un véhicule de remplacement s’il le faut (véhicules CNG). Il est clair qu’avec cinq stations hydrogène opérationnelles sous le sigle DATS 24 d’ici 2020 voire 2021, nous pourrons résoudre les problèmes immédiatement à la faveur d’un stock de pièces de remplacement plus conséquent", explique Raf Flebus, Business Unit Manager de DATS 24.

L’hydrogène débute, la Chine accélère

"En Belgique, il y a eu une immatriculation en 2016, quatre en 2017, huit en 2018, six pour les huit premiers mois de 2019", note Christophe Dubon, porte-parole de la Fédération Belge de l’automobile (FEBIAC).

Il ajoute : "L’hydrogène est dans la même situation que l’électrique il y a dix ans. Tant qu’il n’y a pas de nombreuses bornes pour réaliser un plein, il est illusoire que les gens se tournent vers cette technologie. Son avantage, par contre, est clairement de pouvoir se passer des batteries onéreuses et difficiles à produire." Le prix d’une telle voiture s’élève aujourd’hui, sans économie d’échelle, à 70.000 voire 80.000 euros.

Sur le marché, deux constructeurs fabriquent des voitures à l’hydrogène : Toyota et Hyundai. Deux producteurs asiatiques. Le marché pourrait connaître un bouleversement. "Les constructeurs chinois sont en plein boom. Au Salon de l’automobile de Francfort, l’un des plus important du genre, septante constructeurs chinois étaient présents", ajoute Christophe Dubon.

"Nous devons créer une société de l’hydrogène !", a déclaré Wan Gang, l’un des plus hauts responsables chinois. Le gouvernement souhaite réorienter ses subventions de l’électrique à l’hydrogène et veut passer de 2500 véhicules dans le pays à 5000 l’an prochain, 50.000 d’ici 2025 et 1 million à l’horizon 2030.

Colruyt et l’hydrogène au quotidien

À côté de sa flotte de voitures de société, le distributeur gère ses marchandises avec une quinzaine de chariots élévateurs. Le plein ne prend qu’une minute et permet de faire un shift de huit heures. Pour l’entreprise, c’est un gain de productivité puisque le remplacement d’un clarck électrique, prend plus au moins un quart d’heure.

Pour l’instant, aucun camion à hydrogène n’est en service. Un projet est en cours mais le test n’a pas encore débuté.

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