Les congés parentaux: un moyen d'accroître l'égalité hommes-femmes

Les congés parentaux: un moyen d'accroître l'égalité hommes-femmes
Les congés parentaux: un moyen d'accroître l'égalité hommes-femmes - © Tous droits réservés

Le nombre de congés parentaux a littéralement explosé ces dernières années, il a quasiment doublé en 10 ans. Cette augmentation se voit particulièrement chez les pères. Un type de congé est parfois mal accepté par les employeurs, ce qui équivaut à une discrimination du simple fait d'être parent, selon l'Institut pour l'égalité hommes-femmes.

Une multitude de possibilités

Le congé parental est un congé de quatre mois que vous pouvez prendre si vous avez un enfant et que vous êtes salarié, en tout cas avant que votre enfant ait 12 ans. Il se décline sous plusieurs formules : soit vous prenez les quatre mois d’un coup pour faire un gros break, soit vous prenez un congé à mi-temps et là vous avez droit à huit mois, vous pouvez aussi prendre un congé à un cinquième, donc un jour par semaine qui durera pendant 20 mois. 

Il est également possible de prendre un dixième, donc un demi-jour par semaine. Dans ce cas, vous pouvez par exemple prendre votre mercredi après-midi pour vous occuper des enfants. Dans ce cas, cela durera 40 mois. En tout, c’est une sorte de pot commun de quatre mois, chaque parent y a droit pour chaque enfant avant les 12 ans. Ainsi, le parent répartit ses jours un peu comme il a envie.

Les congés parentaux ne sont pas considérés comme des congés mais plutôt comme une forme d’interruption de carrière. Vous n’avez plus de salaire, mais vous avez un revenu de l’ONEM par contre. C’est 750 euros net par mois en l’occurrence et c’est une somme forfaitaire, donc tout le monde pendant ses congés payés par l’ONEM reçoit la même chose, quel que soit son salaire par ailleurs.

Le marathon de la vie accentue le recours aux congés parentaux

L'accès au travail des femmes peut être un facteur explicatif du recours aux congés parentaux. Désormais si les deux parents sont au boulot jusque 17, 18 ou 19 heures. Pour certains la vie de famille devient un vrai marathon.

Prendre un break pour souffler pendant quelques semaines ou quelques mois ou bien prendre un jour de congé par semaine, peut être un véritable soulagement. C'est pourquoi de plus en plus de parents prennent ce genre de congé.

Ils étaient 70.000 l’année dernière et l’augmentation est surtout notable chez les hommes. Ils sont six fois plus qu’il y a 10 ans à prendre ces congés. Il faut dire qu’à cette époque, très peu d’hommes prenaient ce genre de congé, donc quand on vient de loin, c’est évidemment facile d’avoir une grosse augmentation.

Vers l'égalité mais il y a encore du travail

Ce constat est une bonne nouvelle selon Véronique De Baets, de l’Institut pour l’égalité femmes-hommes. Elle souligne néanmoins qu’on est encore loin de cette égalité femmes-hommes. Si on regarde, 100% des congés parentaux sont toujours pris à deux tiers par des mamans. Pourtant, ils pourraient aider à équilibrer la répartition du travail à la maison.

"Le partage des tâches dans la sphère privée reste extrêmement genré. Les femmes prennent encore une énorme partie, plus d’une heure et demie par jour de travail ménager et domestique, par rapport aux hommes", analyse-t-elle. Selon cette spécialiste des questions de genre, le système des congés peut avoir un vrai rôle à jouer dans cette redistribution des tâches dans la sphère privée. Il est, d'après elle, indispensable pour avoir une plus grande égalité hommes-femmes sur le marché du travail.

Inégalité dans la demande des congés

L'Institut pour l'égalité femmes-hommes reçoit régulièrement des plaintes pour discrimination quand un employé demande des aménagements d’horaires pour avoir plus de temps à passer avec ses enfants, selon Veronique De Baets. La cause réside dans le fait que toutes les entreprises ne jouent pas le jeu.

"Par exemple, le cas d’un père qui ne souhaite plus prester d’heures supplémentaires parce qu’il veut pouvoir être présent pour aller chercher ses enfants à l’école et qui, suite à cette décision, est mis sur le côté de l’entreprise ou passe à côté d’une promotion, se souvient-elle. Je pense qu’aujourd’hui, malheureusement, un grand nombre d’hommes, mais également de femmes, pensent qu’il est normal d’être " punis " ou discriminés parce qu’on est parent".

Pourtant, pour le moment, les salaries qui prennent ce congé parental sont protégés contre les licenciements. Ça, c’est la loi, mais par contre, c’est vrai qu’il n’y a pas ce critère de parentalité en ce qui concerne la discrimination. Pourtant, il y a une liste de critères : le sexe, le genre, l’orientation, la sexualité, mais pas la parentalité.

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