Les conditions de travail dans les ambassades sont souvent désastreuses

On ne parle pas ici des ambassadeurs et des diplomates , mais du personnel qui leur est attaché . Dans 90% des cas, il s'agit de gens locaux : des belges en Belgique, des Français en France etc... Et pour ces travailleurs là , il n'y a aucun statut précis. Leur employeur est un état lointain, mais leur contrat est local. Et dans les faits cela donne des situations sociales surprenantes: des gens payés au salaire minimum, qui n'ont pas de sécurité sociale ou de pension. Fabrice Epis est l'artisan d'une intersyndicale des missions diplomatiques, il en a vu de toutes les couleurs :

"Il y a des pays où c’est plus grave que d’autres évidemment, les ambassades d’Afrique, les ambassades du Moyen-Orient, les ambassades d’Asie mais en Belgique aussi vous savez que les travailleurs portugais de Belgique ont vu leur salaire diminuer de 12%, dans certaines ambassades, ici à Bruxelles, on ne paie pas de double pécule de vacances et c’est l’Espagne par exemple donc dans une série d’ambassades européennes, ici à Bruxelles, c’est exactement la même chose, on ne respecte aucune législation ou en tout cas très peu."

 

Il y a évidemment des lois à respecter par tous les employeurs, qu'ils soient lointains ou pas. Mais ces lois sont générales et elles ne disent rien des rémunérations, ni de la durée du travail, ni de l'indexation des salaires. Et sur tous ces points, le personnel des missions diplomatiques passe entre les mailles du filet. Pourquoi ? l'avocate Sophie Remouchamp le dit : c'est parce que leur employeur ne se reconnaît dans aucune de nos catégories ....

" Leur employeur est un Etat mais ce n’est pas l’Etat belge, c’est un Etat étranger donc cet Etat étranger tantôt va dire qu’il est secteur public et que donc tout ce qui est secteur privé donc notamment les conventions collectives ne s’appliquent pas à lui, tantôt il va dire que puisqu’il est étranger et pas belge, ce ne sont pas les règles du secteur public qui s’appliquent à lui. "

Pour elle, le personnel est dans un Etat de non-droit .: " En tout cas dans la pratique, on constate que les règles ne sont pas appliquées parce que l’employeur, donc l’Etat étranger, estime qu’il ne relève d’aucun des deux corpus de règles, que ce soit du public ou du privé."

C'est une situation qui ne peut plus durer. C'est en tout cas ce que dit le personnel du consulat du Brésil qui fait grève depuis hier à Bruxelles, mais aussi à Paris, Frankfort, New York et dans beaucoup de pays du monde où le problème est le même. Impossible donc d'aller chercher votre visa pour la coupe du monde aujourd'hui : c'est ça l'envers du décor !

Françoise Gilain

 

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