Les compagnies transatlantiques low cost ont des difficultés à percer

Les compagnies transatlantiques low cost ont des difficultés à percer
Les compagnies transatlantiques low cost ont des difficultés à percer - © JOHAN NILSSON - AFP

La compagnie aérienne low cost Norwegian a annoncé la semaine dernière son intention de lancer une augmentation de capital de 309 millions d’euros. Après une perte d’exploitation de 390 millions d’euros en 2018, la société norvégienne avait besoin de renforcer son bilan. Elle traîne une dette de plus de trois milliards d’euros, car elle a investi massivement pour financer sa croissance dans le low cost, et en particulier le low cost long courrier.

« Avec les recettes qu’ils avaient, ils étaient obligés de passer par une augmentation de capital. Mais cette augmentation de capital est largement insuffisante quand on sait le prix d’un Airbus A321. On est grosso modo entre les 100 et 150 millions en fonction des options que l’on désire avoir et aussi du nombre d’appareils qu’on a commandés. Mais lorsqu’on a commandé pour cinq milliards d’euros et qu’on fait une augmentation de capital de 300 millions d’euros, ça va juste servir à payer les intérêts de la dette », explique Jean Collard, spécialiste du secteur aéronautique.

D’après lui, Norwegian achète du temps : elle compte doper son trafic passager, le temps de faire diminuer sa dette en revendant une partie de ses 30 avions commandés en 2016. L’objectif est de rendre la compagnie plus jolie avant de la revendre, par exemple à Lufthansa. La compagnie allemande avait déjà évoqué l’année dernière son intérêt pour Norwegian, et surtout sans doute pour ses 37 millions de passagers.

Le low cost transatlantique fonctionne-t-il?

Pour Jean Collard, le low cost transatlantique ne fonctionne pas dans les conditions actuelles du marché : « Sur le transatlantique, la durée entraîne généralement des locations complémentaires de la part du passager, soit une couverture, soit l’achat d’une bouteille d’eau, soit de la nourriture, et ces coûts cumulés les uns aux autres font que la différence de prix entre le low cost transatlantique et le transatlantique dans une compagnie comme United Airlines, sont de 25 ou 30 euros. »

L’avantage compétitif du low cost transatlantique est donc relativement limité, sauf si le passager renonce à une série de petits conforts bien utiles sur des vols de sept ou huit heures, comme un bagage, des boissons, de la nourriture ou une couverture.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK