Les commerces situés le long des axes routiers ont le vent en poupe

Les magasins situés le long des axes routiers ont le vent en poupe. C'est du moins le constat dressé par le spécialiste de l’immobilier, Cushman & Wakefield. En 2018, ils auraient capté 20% du montant total des investissements dans l’immobilier commercial soit 300 millions d’euros.

Si ces magasins rencontrent un tel succès, c'est parce qu’ils sont plus facilement accessibles que les centres-villes pour les consommateurs, mais pas seulement selon Arnaud de Bergeyck, partenaire chez Cushman & Wakefield. "Effectivement, la mobilité joue un grand rôle puisque ces magasins sont situés généralement sur les voies d’accès à l’entrée des villes, donc sont généralement assez accessibles tant pour les gens qui habitent en ville que pour les gens qui habitent à l’extérieur des villes. Mais au-delà de ça, ce sont des formats de magasins qui sont généralement plus grands qu’en centre-ville et les loyers y sont également beaucoup plus faibles que le centre-ville".

Un facteur qui incite les enseignes à s’y installer, et donc étoffent une offre commerciale qui va ensuite attirer plus de clients. De plus, la mobilité est garantie et pour les propriétaires des magasins dans ces noyaux commerciaux, c’est en tout cas la promesse de loyers et de rendements stables.

Complémentarité

Mais le développement de ces centres commerciaux périurbains ne vient-il pas concurrencer le commerce du centre-ville ? Pas du point de vue d’Arnaud de Bergeyck, qui parle plutôt de complémentarité car l'offre est différente. "Pour prendre un exemple, un magasin Krëfel est un magasin que vous allez trouver uniquement en périphérie et pas en centre-ville. Ce qu’on observe néanmoins, c’est une tendance où les locataires qui étaient historiquement situés en centre-ville regardent aujourd’hui également la périphérie", précise-t-il.

"Un exemple : H&M. Jusqu’à il y a quelques années, H&M était uniquement présent en centres commerciaux et en centre-ville, mais absolument pas en périphérie, alors qu’aujourd’hui H&M est présent en centre-ville. L’inverse est également vrai : il y a des enseignes qui étaient établies uniquement en périphérie, mais qui se localisent maintenant également en centre-ville, comme Décathlon".

En analysant d’une manière générale l’état de santé de l’immobilier commercial, à part les rues commerçantes situées dans des zones dites secondaires, Cushman & Wakefield estime que le secteur de l’immobilier commercial se porte généralement comme un charme. "À la fois au niveau des locations, puisqu’on a atteint des records au niveau des prises en location, et ce dans tous les créneaux du retail, que ce soit les centres commerciaux, la périphérie ou le centre-ville, mais également au niveau des investissements, puisque ce sont à peu près deux milliards qui ont été investis en immobilier commercial, ce qui est un record absolu", rajoute Arnaud de Bergeyck.

Enfin, la concurrence du commerce en ligne n’aurait pas eu d’impact sur l’immobilier commercial en 2018 en Belgique. Selon Cushman & Wakefield, de nouvelles complémentarités se développent puisque de plus en plus de consommateurs se font livrer leurs achats en ligne dans des magasins, en particulier à la périphérie des villes.

 

 

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