Les commerces indépendants s'adaptent pour survivre

Bien souvent, les commerces de proximité sont des indépendants, y compris les supérettes de grande chaîne.
Bien souvent, les commerces de proximité sont des indépendants, y compris les supérettes de grande chaîne. - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Les supérettes de quartier, les bouchers, les boulangers ont un atout: le retour du consommateur aux commerces de proximité. "C'est notre point fort, notre disponibilité pour le client, insiste Pascal Niclot, gérant indépendant de plusieurs Delhaize. Nous avons plus de possibilités que les hypermarchés d'ouvrir le soir, le dimanche,..."

Et bien souvent, ces commerces de proximité sont des indépendants, y compris les supérettes de grande chaîne. Elles sont presque toutes tenues par des franchisés ou des affiliés: "Chez Delhaize, Carrefour, Colruyt, 80% des magasins sont exploités par des indépendants, détaille Luc Boremans, gérant de trois AD Delhaize dans le Namurois et président de l'Aplsia, l'Association des indépendants dans l'alimentation. Ensemble, les indépendants, nous faisons la moitié du chiffre d'affaire des grandes marques, ce n'est pas négligeable et c'est pour ça qu'il faut prendre en compte nos spécificités."

Un métier en plein changement

Les commerces indépendants voient donc les clients revenir. On entend souvent dire que les petits commerces se meurent, ce n'est pas vrai pour Florence Trokay, gérante d'une épicerie de produit locaux à Namur, mais pour ça, il faut s'accrocher: "Non, ce n'est pas facileGérer un commerce indépendant, c'est passionnant, mais ce n'est pas facile! Il faut savoir créer une expérience client, avoir des horaires très larges, il faut être bon manager d'équipe, il faut être bon gestionnaire parce que les marges sont faibles et le secteur concurrentiel, il faut être bon communicateur, sur les réseaux sociaux notamment, pour se faire connaître et puis, il y a l'arrivée de nouveaux modèle de consommation, il ne faut pas passer à côté, il y a le commerce électronique notamment. Ce n'est pas facile comme indépendant d'avoir toutes ces casquettes et d'être compétent dans tous les domaines."

Pour s'adapter, il faut donc souvent travailler plus, ce qui peut en rebuter certains: "On travaille énormément témoigne Luc Boremans, 6 jours, parfois 7 jours par semaine, de tôt le matin à tard le soir. Ce n'est pas très sexy. Ça pose presque un problème de société. Je connais des boulangers, par exemple, qui ne trouvent pas de compagnon ou de compagne pour faire leur vie vu leur charge de travail, alors ils arrêtent...". Malgré le retour des clients vers les magasins de proximité, les commerçants indépendants de l'alimentaire ont donc une série de défis à relever pour assurer leur avenir.

Le grand défi (pour les petits comme pour les grands): le e-commerce

Outre la complexification de leur métier, le principal de ces défis, pour Carol Dannevoye de l'Union des Classe Moyennes, c'est le commerce électronique: "Il y vraiment ceux qui tirent leur épingle du jeux. Je pense à un boucher qui vend sa viande sur internet, il s'est mis au commerce en ligne, il a su trouver un créneau pour se différencier, se faire connaître. Par contre, un commerce traditionnel qui ne va pas montrer en quoi c'est mieux d'aller chez lui plutôt que dans la grande distribution, ça va être difficile, il va surnager mais il va avoir des creux financiers. Il faut vraiment se démarquer".

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