Les chiffres-clés de l'économie wallonne (infographies)

PIB, emplois, exportation et entrepreneuriat: les chiffres-clés pour comprendre l'économie wallonne.
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PIB, emplois, exportation et entrepreneuriat: les chiffres-clés pour comprendre l'économie wallonne. - © Cynthia Ventura - Adeline Louvigny - iRTBF

Le ministre-président de la Région wallonne nous a livré un discours sur "l'état de la Belgique". Se basant sur certains chiffres statistiques, Paul Magnette a dévoilé un portrait économique "trop reluisant" de la Wallonie, selon les protestations des députés de l'opposition. Que disent les chiffres sur l'économie wallonne? Petit tour d'horizon avec quelques données-clés. 

La Wallonie, ni très riche ni trop pauvre

Le PIB, ou produit intérieur brut, sert communément à évaluer la "production de richesse" d'un pays, d'une région. Autrement dit, il sert à donner le niveau général de santé économique d'une zone géographique. Même si ses limites sont connues, il ne permet par exemple pas d'évaluer de la qualité de la croissance économique d'un pays, de l'état de bien-être de la population ou du progrès d'une société, il reste le plus utilisé pour comparer le développement des pays.

En Belgique, c'est Bruxelles qui est la région la plus riche de Belgique, et la deuxième plus riche d'Europe… après le Luxembourg. Ce calcul est réalisé avec l'intégration du pouvoir d'achat, on compare alors les PIB/habitant en standards de pouvoir d'achat, ou SPA.

Dans cette même classification régionale, la Wallonie a une position centrale, elle est 54ème sur 98 pays. Son PIB/habitant en SPA est de 12% inférieur à la moyenne européenne.

Au classement belge, la Wallonie clôture le podium et ne produit "que" 24% du PIB du pays. L'économie wallonne n'est donc pas florissante… mais a finalement bien résisté à la crise de 2009.

Sans tenir compte de l'inflation, la croissance du PIB (dit alors "en volume") de la Wallonie est en augmentation significative depuis 2013, tout comme celle de Bruxelles. Sur la période 2000-2015, le taux de croissance du PIB a été de 1,2%. La Wallonie fait d'ailleurs mieux que son voisin allemand (1,1%) et que la zone Euro (1%).

Les jeunes galèrent dans leur recherche d'emploi

Le taux d'emploi est la proportion de personnes disposant d'un emploi parmi celles en âge de travailler. Il est considéré comme plus pertinent que le taux de chômage, qui est plus facilement manipulable d'un point de vue statistique.

Le taux d'emploi permet de donner une indication sur le potentiel productif du pays, c'est-à-dire sa capacité à mobiliser les ressources de main-d'œuvre disponibles. Attention que la somme du taux d'emploi et du taux de chômage ne fait pas 100%.

Le taux d'emploi wallon est toujours plus élevé chez les hommes, et chez les personnes ayant suivi des études supérieures. La disparité homme/femme diminue plus le niveau d'éducation monte. Ces tendances se retrouvent sur tout le territoire belge. De même, 44% des femmes au travail ont un temps partiel, contre 10% pour les hommes, en 2015.

Les jeunes restent la tranche d'âge ayant le plus faible taux d'emploi et le plus haut taux de chômage, que ce soit en Wallonie, à Bruxelles ou en Flandre. C'est d'ailleurs une tendance qui se retrouve dans toute l'Union européenne : 19,7% des 15-24 ans sont à la recherche d'un emploi. Une problématique évoquée par Paul Magnette dans son discours "patriote",  déclarant que "le taux d'emploi des jeunes ne progresse pas, ça doit d'être notre préoccupation permanente".

Le taux de chômage wallon était de 16,4% en 2015 et de 14,6% en mars 2016 (chiffres du FOREM). Les provinces du Hainaut (16,4%) et de Liège (15,9%) sont les plus touchées par le chômage, Liège comptant même le plus grand nombre de chômeurs qui représentent 25% de sa population active.

Une exportation trop pharmaceutique et trop européenne

L'exportation belge est à 79% flamande et 18,4% wallonne. C'est assez faible par rapport à son PIB. Avec 0,8% de croissance annuelle moyenne, sur la période 2008-2001, la Wallonie peine à s'ouvrir au monde, et plus particulièrement aux pays non-européens, qui ne représentent que 15% des exportations. Le secteur de l'industrie chimique et pharmaceutique est le plus gros exportateur wallon (30%), révélant un déséquilibre potentiellement dangereux. Le célèbre adage nous rappelle qu'il vaut mieux ne pas mettre tous les œufs dans le même panier…

Alors que les exportations wallonnes étaient assez bonnes de 2002 à 2009, l'après-crise a été difficile pour la région, dont la croissance d'exportation a marqué le pas, descendant en dessous des 5% en 2012. La Flandre, elle, a rebondi plus facilement, grâce aux secteurs de la cokéfaction et du raffinage, de l'industrie chimique et surtout du commerce de gros. Même si ce secteur a été très dynamique en Wallonie, il n'a pas le même poids économique qu'en Flandre.

Beaucoup de brevets pour rien?

La majorité des entreprises wallonnes sont des micros entreprises (92%), comptant moins de 10 équivalent temps plein. Les PME wallonnes génèrent 39% de l'emploi, et 46% de la valeur ajoutée (richesse produite qui pourra être répartie sous forme de revenu).

Le secteur marchand reste le secteur économique le plus porteur, il représente 67% de la valeur ajoutée des entreprises wallonnes. Le secteur de l'industrie a été durement touché par la crise de 2009, sa contribution à la croissance de la valeur ajoutée ayant fortement diminué depuis 2011.

Malgré les gros efforts développés par les entreprises en recherche et développement (R&D),  la commercialisation de nouveaux produits à visée internationale est relativement faible.  Selon une étude du Bureau fédéral du Plan de 2012*, cela peut s'expliquer par la concentration des activités R&D de grandes entreprises sur notre territoire, alors que les processus de production se trouvent dans d'autres pays.

Sans surprise, les grandes entreprises sont majoritairement innovantes, pour la moitié des PME. On trouve en Wallonie une grosse concentration de brevets dans le secteur de la chimie, de par la présence de grandes entreprises comme Solvay, GSK ou Pfizer.

* Compétitivité de la Belgique, défis et pistes de croissance, Henri Bogaert et Chantal Kegels, novembre 2012.

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