Les cantines d'entreprises s'adaptent aux nouvelles habitudes de travail

La cantine self-service
La cantine self-service - © REMY GABALDA - AFP

Le mess: c'est là que les employés des grosses entreprises vont manger régulièrement le midi. C'est généralement assez classique, avec un plat du jour, un dessert, un buffet salades. Sauf qu'aujourd'hui, on travaille de moins en moins de 9 heures à 17 heures avec la pause à midi pile avec les collègues, on fait du télétravail à la maison, ou bien on engloutit son sandwich devant l'ordinateur. Ou encore on se fait livrer des plats de l'extérieur, avec des livreurs à vélo notamment. Les habitudes sont en train de changer, avant on n'avait pas le choix, on allait sans réfléchir à la cantine.

"Expérience de restauration"

Aujourd'hui, il y a de plus en plus de concurrence, alors les spécialistes de la restauration collective, et c'est un gros marché, doivent s'adapter. Sodexo par exemple, c'est un des leaders mondiaux, qui sert des millions de repas tous les jours dans les universités, dans les écoles, dans les crèches ou dans les administrations, et Denis Machuel en deviendra bientôt le patron d'ici quelques semaines, et moderniser le concept c'est son défi : "Je pense que le terme de restauration collective est un terme qui est dépassé. On va parler d'expérience de restauration. Ça peut être évidemment descendre dans un restaurant d'entreprise, mais d'ailleurs le lieu lui-même va évoluer. Et les lieux de restauration peuvent devenir des lieux de rencontre, des lieux de travail à différents moments de la journée, et l'expérience de restauration elle-même, elle va être effectivement de pouvoir se faire livrer des repas pour le midi, mais aussi pour le soir".

Des livraisons et des horaires plus larges, mais voici aussi la digitalisation avec des applications smartphone, et par exemple des propositions de menus personnalisés ou des coachings diététiques. L'aménagement des lieux risque aussi de bientôt changer: le self-service où chacun fait la file avec son plateau, ce sera bientôt terminé. Dans les nouvelles cantines on va voir des comptoirs de cuisines du monde, la poissonnerie, la pâtisserie, même des food-trucks. Et la grosse tendance, c'est de la nourriture plus saine, plus fraîche.

"Facteur de performance"

Et cela ne va pas forcément faire monter les prix parce que, en fait bien souvent, c'est déjà l'entreprise qui paie une bonne partie du repas. Quand on a un steak-frites à 3 euros, il ne faut pas se faire d'illusion, c'est pas nous qui payons tout. Le but ici, ce n’est pas tellement de gagner de l'argent, c'est le bien-être du travailleur, mais pas pour le bien-être en tant que tel, pour qu'il soit plus performant, explique Denis Machuel: "La qualité de vie c'est un facteur de performance. Parce que quand vous êtes bien dans votre travail, vous donnez plus d'énergie, vous êtes plus créatif, vous travaillez mieux et de manière collaborative, ce qui est un enjeu considérable des entreprises d'aujourd'hui. Et donc, l'enjeu est avant tout de travailler sur leurs performances à travers la qualité de vie pour les personnes avec lesquelles ils interagissent".

On ne vous sert pas de la bonne nourriture pour que vous voyez en bonne santé, mais pour que vous soyez plus efficace l'après-midi. Il y a un calcul de rentabilité là derrière, c'est un vrai enjeu économique la nourriture au travail, c'est un marché qui existera toujours, tout simplement parce qu'on aura toujours besoin de manger évidemment ; entre enjeux de santé publique, rentabilité et concurrence de plus en plus exacerbées, les restos d'entreprises doivent se réinventer.

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