Les bonnes formules de la chimie belge dont la fédération fête ses cent ans

Industrie majeure depuis plus d'un siècle en Belgique, la chimie était à l'honneur au Mont des Arts, à Bruxelles. Le roi Philippe a présidé la cérémonie du centième anniversaire de la fédération du secteur, aujourd'hui connue sous le nom d'Essenscia, la fédération des entreprises chimiques et des sciences de la vie.

Si elle a été créée 56 ans après la naissance de Solvay, c'est parce qu'en 1919, la nécessité faisait loi. Le conflit mondial avait cassé un marché extérieur important avec l'Allemagne. La question était de savoir comment se relancer et comment faire face aux Pays-Bas qui étaient restés neutres pendant la guerre.

Avec le soutien de la Générale

Petites, moyennes et grandes, les entreprises se sont regroupées afin de faciliter l'accès aux matières premières. Une plate-forme commune soutenue par la toute jeune fédération.

La période de l'après deuxième guerre mondiale aura été plus agitée encore, incertaine même. Même effort de reconstruction, mais le secteur chimique, plus que d'autres encore, avait souffert de la crise des années trente.

L'innovation et la diversification ont favorisé la relance nationale et internationale, de même que le soutien sans faille, pour les investissements, de la Société Générale.

Au surplus, le secteur pouvait heureusement se reposer sur deux créations, chacune datant de 1928.

L'UCB et le FNRS

A l'initiative d'Emmanuel Janssen, l'UCB, l'Union chimique belge, a alors concentré des entreprises de tailles moyennes.

Et avec l'appui public du Roi Albert, le FNRS, le Fonds national de la Recherche scientifique, est né la même année: c'est vraiment au départ une initiative privée", indique Kenneth Bertrams, qui enseigne notamment l'histoire des entreprises à l'ULB. "On connaît tous le discours de Seraing du Roi Albert qui essaie d'appeler les industriels à mettre la main au porte-feuille pour la recherche fondamentale et c'est ce qu'ils font! La grande force du FNRS est d'utiliser les laboratoires universitaires pour aller dans le sens d'une application dans les industries. Ces relations entre sciences et industries, on les voit encore aujourd'hui dans tout ce qui est développement bio-chimie, bio-pharma en Belgique, avec les parcs scientifiques qui s'organisent autour des universités. C'est une des grandes forces."

Des petits pôles connectés

Une autre grande force? Le choix (et même le pari, selon Kenneth Bertrams) de conserver des espaces de recherche et de développement en Belgique, idéalement couplés au maintien de centres de décisions, c'est encore le cas de Solvay.

A cet historien de l'économie, qui vient de cosigner l'ouvrage: "des hommes et des molécules: cent ans de chimie et de pharmacie en Belgique", aux éditions Mardaga, nous avons posé la question de l'avenir de cet atout industriel belge: "je crois que ce qu'on voit actuellement va se développer encore, soit des formes de clustering, donc des groupements de petits pôles, à partir d'entreprises très innovantes. Je crois que la situation actuelle, où le capital circule avec des business angels qui misent très fort sur ces petites start-up, va provoquer la fragmentation de ces pôles, mais ces pôles seront inter connectés parce qu'il existe encore ce ciment très important dans ce secteur".

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