Les best-sellers, un coup de pouce pour les libraires indépendants

Les best-sellers, un coup de pouce pour les libraires indépendants
Les best-sellers, un coup de pouce pour les libraires indépendants - © THOMAS SAMSON - AFP

'Sérotonine', le dernier roman de Michel Houellebecq, sorti le 4 janvier, est un nouveau succès pour l'écrivain français. Son éditeur, Flammarion, vient d’annoncer un tirage supplémentaire de 50.000 exemplaires, qui vient s'ajouter aux 320.000 exemplaires déjà imprimés. Un engouement que confirme Régis Delcourt, co-gérant de la librairie Point Virgule à Namur : "c’est LE livre qui survole un peu toute cette rentrée de janvier. On ne peut pas passer à côté : Houellebecq est un auteur que les gens attendaient depuis longtemps, on avait déjà des livres précommandés avant la sortie", explique-t-il.

Ce nouveau roman, les lecteurs l'attendaient depuis quatre ans, et le précédent roman de Houellebecq, 'Soumission', qui s’était écoulé à près de 800.000 exemplaires toutes éditions confondues, selon Les Échos. Le monde de l’édition en France compte donc beaucoup sur lui pour sauver la rentrée littéraire de janvier, après une rentrée littéraire maussade en septembre dernier. Régis Delcourt, lui, pense écouler quelques centaines d’exemplaires de 'Sérotonine' dans sa librairie.

Il faut des best-sellers pour pouvoir faire autre chose

Alors, un seul ouvrage peut-il sauver la rentrée littéraire ? Non, bien sûr, mais c'est un coup de pouce pour l'éditeur de l'écrivain, ainsi que pour les libraires indépendants. Pour eux, vendre des dizaines, voire des centaines d’exemplaires d’un livre, c’est aussi un soutien bienvenu. "Des titres comme ça sont attendus, comme pouvait l’être le troisième tome de 'L’Amie prodigieuse' d’Elena Ferrante, précise Régis Delcourt. De temps en temps, un auteur comme ça, qui est un best-seller annoncé, fait du bien à la librairie parce qu’on sait que c’est un livre qui va se vendre et qui va se vendre en quantité. Il faut des best-sellers pour pouvoir faire autre chose en fait." C'est d'ailleurs comme ça que les libraires indépendants voient les best-sellers, explique Régis Delcourt. "S’il n’y a pas de best-seller, c’est difficile de vendre des auteurs plus confidentiels ou des maisons d’édition à tirage plus limité, parce que le best-seller nous offre justement un confort de trésorerie", conclut-il.

Mais pas certain que le succès de 'Sérotonine' fasse augmenter la clientèle des librairies indépendantes : il ne faut pas oublier que les best-sellers sont vendus partout dans les hypermarchés, dans les librairies de chaînes (Club, Fnac ou Furet du Nord) ou dans les points presse. Ceux qui franchissent les portes des librairies indépendantes le font souvent parce qu’ils cherchent un conseil. "Aujourd’hui plus que jamais, je trouve que c’est le vrai sens du métier de libraire, c’est de faire du sur-mesure, d’accompagner le lecteur, de discuter avec lui, et il faut qu’on soit des grands lecteurs nous-mêmes pour pouvoir conseiller le plus largement possible nos clients", rappelle Régis Delcourt.

Dans tous les cas, les bibliophiles de Belgique pourront partir à la recherche de nouvelles lectures et de conseils de libraires lors de la Foire du Livre de Bruxelles, qui va commencer vers le 14 février.

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