Les banques belges se débarrassent de leurs clients américains

Les banques belges se débarrassent de leurs clients américains
Les banques belges se débarrassent de leurs clients américains - © Archive RTBF

Les banques belges se débarrassent de certains de leurs clients, jugés trop encombrants, des Américains. Ils sont priés, poliment, d'aller voir ailleurs. Une loi américaine appelée FATCA prévoit que toutes les banques dans le monde devront transmettre au fisc américain la liste des avoirs de citoyens américains ou ayant un lien avec les Etats-Unis. Pour les banques, cela représente un surcroit de travail et la crainte de sanctions en cas d'erreurs, même de bonne foi.

Sally Johnson vit en Belgique depuis 26 ans, elle est belgo-américaine, mariée à un Belge. Une partie de sa famille vit aux Etats-Unis, mais elle n'y a aucune activité professionnelle. Elle travaille et paye ses impôts en Belgique. Elle raconte que sa banque belge l’avait appelé pour lui dire : "Malheureusement vous ne pouvez plus faire d’investissement chez nous à cause du FATCA". Le FATCA oblige la banque belge à communiquer les données bancaires de Sally Johnson au fisc, cette banque préfère dès lors se passer des investissements de celle-ci. C'est compréhensible, dit la Belgo-américaine, mais elle se sent victime de quelque chose qui la dépasse : "Ce FATCA va leur coûter très, très cher en investissements informatiques, en frais d’administration, etc. Donc ils ne veulent pas de nous et je peux les comprendre parce que ce n’est pas normal qu’une petite catégorie de leurs clients leur coûte des investissements pareils. C’est discriminatoire contre nous parce qu’on ne fait qu’avoir des comptes là où on travaille et là où on a besoin d’avoir des comptes".

En Belgique et ailleurs en Europe de nombreuses banques ne souhaitent plus avoir des clients américains. Elles sont très peu nombreuses à accepter de communiquer sur ce sujet. Au Luxembourg, cela fait plusieurs années que les Américains n'ont plus la cote : les banques n’ont pas envie de se coltiner du travail supplémentaire et elles ont peur des sanctions américaines en cas de maladresse. D'autres banques ont conseillé à leurs clients américains de passer par un intermédiaire belge pour gérer leur compte. Une dernière solution est possible pour Sally Johnson : renoncer à sa nationalité américaine.

Anne Blanpain

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