Les assurances créent une banque de données commune pour mieux repérer les fraudes, une première en Belgique

Le secteur belge des assurances lancera en février une "banque de données des sinistres" afin de mieux repérer les fraudes, a annoncé ce lundi Assuralia lors d’une conférence de presse. Le système s’attaquera d’abord aux escroqueries à l’assurance automobile, pour laquelle la fraude est estimée entre 120 et 240 millions d’euros chaque année en Europe, selon des chiffres de la fédération européenne Insurance Europe.

Actuellement, chaque entreprise dispose de son propre service anti-fraude. Si les tricheries occasionnelles sont plus faciles à repérer, la fraude organisée navigue entre les différents assureurs, qui n’ont dès lors pas toujours les moyens de la déceler. Assuralia, l’union professionnelle des entreprises d’assurances, et Alfa Belgium, l’association de lutte contre la fraude à l’assurance, entendent remédier à cette situation grâce à la création d’une base de données de sinistres.

Les premières victimes de la fraude sont les assurés honnêtes

Concrètement, les assureurs automobiles y introduisent chaque semaine, de manière cryptée, les données traditionnellement reprises sur une déclaration d’accident. Ces données émanant des diverses entreprises sont ensuite croisées entre elles. Lorsque des données saisies (nom du preneur d’assurance, numéro de châssis, plaque d’immatriculation…) reviennent à plusieurs reprises dans des sinistres déclarés auprès de différents assureurs, le système – géré par une entité juridique indépendante – le signale via un rapport d’analyse envoyé à chaque partie.

Une première en Belgique

"Toutes les données sont enregistrées dans la banque de données et en sont extraites de manière anonyme", souligne Dirk Vandenschrick, président de la Commission fraude d’Assuralia et CEO de Belfius Assurances. Lorsqu’un accident est déclaré, seuls les assureurs des personnes impliquées en sont informés. "À cet égard, rien ne changera", précise Assuralia.

"Les premières victimes de la fraude sont les assurés honnêtes, qui paient leur prime 3 à 6% de plus que nécessaire", ajoute Hein Lannoy, CEO d’Assuralia.

L’initiative regroupe déjà "une majorité" d’assureurs et devrait couvrir environ 95% des accidents de la route d’ici la fin de l’année, a précisé Vandenschrick.

C’est une première en Belgique, alors qu’un tel outil a déjà fait ses preuves aux Pays-Bas, en France, Allemagne, au Royaume-Uni, en Espagne, Italie, Pologne et Suisse pour détecter la fraude organisée, conclut Assuralia.

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