Les Arcs, Val Thorens, Deux-Alpes: les saisonniers des stations de ski mènent des actions de protestation

La station de Val Thorens, dans les Alpes françaises, en novembre 2019
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La station de Val Thorens, dans les Alpes françaises, en novembre 2019 - © PHILIPPE DESMAZES

Tractage, chants au pied des télésièges, fermeture partielle des domaines: les saisonniers des remontées mécaniques françaises ont choisi ce jour symbolique de grand chassé-croisé sur les routes des stations pour exprimer leurs inquiétudes face à la réforme de l'assurance-chômage.

Partout en France, des Alpes aux Pyrénées, une cinquantaine d'actions ont été recensées par la CGT, à l’origine de cette mobilisation avec FO.

Opération tractage à Moûtiers en Savoie ou aux Deux-Alpes (Isère) avec à chaque fois quelque 200 saisonniers mobilisés. A Serre-Chevalier, ils ont chanté en bas des pistes. Dans les Hautes-Pyrénées, un rassemblement était prévu devant la préfecture où les participants vont déposer leur outil de travail, à savoir skis et chaussures.


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Ce qui les inquiètent ? Les répercussions du nouveau mode de calcul de l'indemnité qui entre en vigueur au 1er avril.

La réforme vise à mettre fin à une situation actuellement plus favorable, pour la même quantité de travail, aux personnes alternant contrats courts et inactivité (comme peut l'être un saisonnier) qu'à celles travaillant en continu.

"Nous avons un enjeu à pérenniser ce statut de saisonnier qui est intrinsèquement lié à notre activité et sans lequel ça ne fonctionnera plus pour nous non plus", en tant que direction, explique Blandine Vernardet, directrice du Grand Tourmalet, l'une des plus importantes stations des Pyrénées françaises.

On ne veut pas emmerder les touristes

Dans sa station, les 2/3 du personnel est absent samedi. Résultat: 40% seulement du domaine est ouvert, contre 85% en ce moment.

A Moûtiers, porte d'entrée vers la vallée de la Tarentaise et ses célèbres stations des Arcs ou de Val Thorens, quelque 200 manifestants ont filtré le trafic samedi matin avant d'aller à la rencontre des touristes arrivant par le train.

"Bienvenus les touristes, et vive les saisonniers", criait un pisteur devant la gare.

"On veut informer et être visibles. On ne veut pas emmerder les touristes, ce sont eux qui nos apportent du boulot", assure Antoine Fatiga de la CGT remontées mécaniques alors que les vacanciers devaient déjà faire face aux bouchons, en ce samedi classé rouge localement dans le sens des départs.

Il a rarement vu une telle mobilisation partout en France sur une seule action.

Le ministère du Travail doit présenter la semaine prochaine "un plan d'accompagnement" pour les saisonniers des remontées mécaniques conscient de la spécificité de la montagne "où il n'y a, dans certaines vallées, simplement pas d'emplois au printemps ou à l'automne".

Selon la Dares, le service de statistiques du ministère du Travail, plus d'un million de personnes ont été en contrat saisonnier (en moyenne de deux mois) entre avril 2018 et mars 2019. Près de la moitié des saisonniers exercent leur activité dans les secteurs de la restauration, de l'hébergement et des loisirs, principalement sur les lieux de vacances.

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