Les alternatives aux monnaies traditionnelles: une tendance en plein boom

L'épi lorrain est l'une des monnaies locales utilisées en Belgique.
L'épi lorrain est l'une des monnaies locales utilisées en Belgique. - © ANTHONY DEHEZ - BELGA

La première cryptomonnaie nationale souffle sa première bougie. Lancé le 20 février 2018 par le président vénézuélien, Nicolas Maduro, le Petro avait été imaginé par l’ancien chef d’État, Hugo Chavez.

L’objectif de cette première mondiale était de revenir à un système monétaire stable au Venezuela. Le Petro remplit plusieurs objectifs : lutter contre les sanctions économiques imposées par Donald Trump, le président des États-Unis, et renforcer le bolivar, la monnaie nationale, afin de diminuer l’usage du dollar dans le pays. La valeur de cette monnaie virtuelle est déterminée par les réserves pétrolières vénézuéliennes, ce qui la rend assez fluctuante.

L’utilisation du Petro est assez différente des monnaies traditionnelles. Accessibles à la totalité de la population, ils sont peu à l’utiliser. Pourtant, Nicolas Maduro souhaitait à son lancement que cette cryptomonnaie soit courante pour des Vénézuéliens. Depuis son lancement, le gouvernement du pays impose l’usage du Petro dans certains domaines : les opérations financières de l’Etat, le tourisme, l’achat de passeport… De leur côté, les citoyens ne sont majoritairement pas emballés par cette monnaie virtuelle.

En décembre dernier, de nombreux retraités déploraient avoir reçu leur prime de Noël en Petro. La transaction du portefeuille électronique vers le compte bancaire peut prendre jusqu’à dix jours. De plus, ces transactions sont limitées et payantes.

L’instabilité des cryptomonnaies

Si l’origine des monnaies virtuelles date des années 70, c’est seulement depuis dix ans qu’elles sont connues du grand public. En 2009, le bitcoin est créé. Si ce genre de monnaie a été créé, c’est principalement pour ne plus dépendre des banques centrales. Les interventions de ces dernières ne seraient pas bénéfiques pour l’économie. C’est aujourd’hui la cryptomonnaie la plus connue et utilisée dans le monde.


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C’est à la fin de l’année 2017 que tous les yeux sont rivés sur le bitcoin. Un seul bitcoin valait alors près de 20.000 dollars. Actuellement, sa valeur est d’environ 4000 dollars (soit près de 3500 euros). C’est un véritable effondrement qui n’est pas le premier de la monnaie virtuelle, rapporte le magazine Le Revenu.

Et du côté belge ?

Si chez nous, il n’existe pas de cryptomonnaie servant d’alternative à l’euro, une plateforme d’échange de crypto-actifs a été lancée en été 2018. Cependant, l’usage d’autres monnaies que l’euro est courant sur le territoire belge. L’utilisation des monnaies locales est en plein boom depuis quelques années : le ropi à Mons, le val’heureux à Liège, le talent d’Ottignies-Louvain-la-Neuve et bien d’autres encore.


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Ces deux moyens de paiement ont des objectifs différents et pourtant, leurs fonctionnements sont similaires. Utiliser une monnaie alternative permet de favoriser des acteurs spécifiques. Au niveau de la cryptomonnaie, et plus spécifiquement pour le bitcoin, les mineurs, ceux qui vérifient les transactions effectuées par les utilisateurs sur le réseau, seront plus rémunérés.

Stéphane Vanden Eede, créateur de la monnaie talent, explique que dépenser de la monnaie locale permet de soutenir les commerces locaux. Il précise également que par ce mode de paiement, les euros dépensés sont placés dans une banque éthique. « En Belgique, la seule banque éthique est Triodos. En plaçant de l’argent là-bas, on soutient des projets écologiques, en lien avec le développement durable… Quand on paie en euro et que l’argent va dans des banques traditionnelles, on ne sait pas où ce sera investi », compare-t-il.

Si déjà 50.000 euros de talent sont en circulation dans le Brabant wallon, cette monnaie locale existe uniquement en billet. Le système électronique est encore très peu utilisé actuellement mais cela devrait se développer d’ici quelques semaines, voire mois, selon le père du talent.

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