Les agriculteurs wallons pas assez investis dans la transition digitale

A peine 10% des agriculteurs wallons utilisent les technologies digitales (GPS sur le tracteur, capteurs, etc.) sur leurs parcelles.
A peine 10% des agriculteurs wallons utilisent les technologies digitales (GPS sur le tracteur, capteurs, etc.) sur leurs parcelles. - © JULIAN STRATENSCHULTE - AFP

Les agriculteurs wallons utilisent-ils les nouvelles technologies pour améliorer la productivité de leur exploitation? Une étude réalisée à la demande de  CBC Banque apporte des réponses un peu décevantes à cette question : un tiers des agriculteurs wallons n'utilise aucun outil numérique dans leur métier. Pas même l'e-mail ou des logiciels  de gestion!

Alors vous pensez, équiper le tracteur d'un GPS, placer des capteurs sur ses terres ou louer un drone pour surveiller l'évolution des cultures… A peine 1 agriculteur wallon sur 10 utilise ce type de technologies sur le  terrain. Pour le chef économiste de CBC Banque Bernard Keppenne, deux éléments expliquent cette faible diffusion du digital dans le secteur: "Le premier facteur, dit-il, c’est que l’âge moyen des exploitants agricoles tourne autour de 55 ans et donc, la sensibilité aux nouvelles technologies est nettement moins forte que chez les jeunes agriculteurs. Le deuxième facteur, c’est la taille des exploitations agricoles. Le plus souvent, elles sont gérées par une seule personne qui a énormément de choses à faire sur son exploitation". De fait: 12 % des entreprises agricoles wallonnes sondées emploient plus de 3 travailleurs. Les autres, à peine un ou deux.

Le défi du passage à l’acte

Cela ne signifie pas pour autant que les agriculteurs wallons ne mesurent l'intérêt des nouvelles technologies pour leur exploitation. L’enquête le montre, 44% des agriculteurs interrogés savent que ces technologies leur permettraient d'améliorer la rentabilité de leur exploitation. Beaucoup savent qu’elles leur permettraient réduire leur  empreinte écologique et d’améliorer la qualité de leur production. Toute la question, c'est le passage à l'acte. C'est ce que compte faire Caroline Stiernet, qui a créé les Délices de Pinchart à Ottignies,  elle produit des fraises, des chicons de pleine terre, des asperges... " Le digital, dit-elle, on s’y met. Il y a encore beaucoup de travail devant nous mais c’est quelque chose qu’on va devoir utiliser à l’avenir. On va commencer par utiliser des capteurs sur nos parcelles et par la suite, pourquoi pas le drone, qui pourrait nous aider à traiter nos cultures très localement. Nous y voyons deux objectifs, d’abord un objectif écologique, utiliser moins de pesticides, c’est tout de même pas très bon pour la santé. Et puis, il y a un objectif économique aussi, tous les produits phyto coûtent très cher, en utiliser moins, ce sont de belles économies. "

L'e-commerce sous-développé chez les agriculteurs wallons

Le résultat du sondage est sans appel: à peine 4% des agriculteurs wallons ont un site de commerce en ligne. " On n'est nulle part ", résume Bernard Keppenne. Souvent, c’est juste par manque de  temps. Même s’il est vrai que pas mal de sociétés du monde agricole sont conscientes de la nécessité de développer un site de vente en ligne et s’y préparent. C'est le cas d'Isabelle Coupienne, gérante de la marque Graine de curieux, qui  commercialise notamment du quinoa bio produit en Belgique. " Pour le moment, admet-elle, on découvre cet outil. On n’a pas encore réalisé de ventes en ligne mais c’est un outil que je veux intégrer à mon site internet pour pouvoir offrir ce service aux consommateurs et surtout pour ouvrir notre société pas seulement à la Wallonie mais aussi aux marchés voisins, la Flandre ou la France par exemple. "

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