Les agences de notation : travers et mode d'emploi

Principe

Les agences de notation posent un diagnostic sur la santé financière d’une entreprise ou encore d'un état, à la demande de ces derniers. Si l'avis est positif, l’acteur financier pourra emprunter à des taux d'intérêts très intéressants. Mais si l'avis est négatif, les taux d'intérêts grimpent et c’est à ce moment que les spéculateurs gagnent de l'argent.

Conflit d’intérêt

Ces agences sont des acteurs privés qui sont rémunérés par ceux qu'elles notent. Des pays comme la Belgique ou encore l'Allemagne sont des acteurs publics qui font également appel à ces services de notation. Dans ce cas, le conflit d'intérêt est interpellant car la dépendance serait trop forte.

Il y aurait aujourd’hui près de 150 agences de notation dans le monde, mais seules trois dominent à l'échelle internationale : Moody's et Standard and Poor's possèdent chacune 40% du marché, et Fitch Ratings en possède 14%. Elles représentent donc à elles trois,  94% du chiffre d'affaires de la profession. Voilà de quoi influencer, les bourses et les investisseurs.

Petit historique

Créées dans les années ‘70 aux Etats-Unis, elles travaillent tout d’abord avec des entreprises mais proposent rapidement leurs services aux états. Elles sont arrivées chez nous il y a une vingtaine d'années et ont rapidement dépassé leur rôle d’observation pour devenir "actrices".

Les agences de notation sont aujourd’hui largement critiquées : une mauvaise évaluation du risque avec les subprimes en 2008, et la crise grecque actuelle dressent un bilan plutôt mitigé de leur travail. Ces agences seraient donc à la fois pyromanes et pompiers ou encore juges et parties. Voilà pourquoi les spécialistes demandent aujourd'hui la création d'une agence européenne publique.

I.L. avec Quentin Warlop

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK