Les agences de notation, les mal-aimées

On a coutume de dire qu'on brûle souvent ce qu'on a adoré :  les agences de notation ont longtemps fait la pluie et le beau temps sur les marchés. Elles ne sont que trois, toutes trois américaines: Moody's, Fitch et Standard & Poors. Et elles sont devenues de véritables oracles, à force de prédire la fiabilité des produits financiers. Mais voila, elles n'ont pas vu venir la crise financière et depuis lors on s'interroge sur leur clairvoyance, voire même sur leur intégrité.

Aux Etats-Unis, le Congrès a constitué une commission d'enquête pour évaluer leur rôle  dans la crise des subprimes.

Mercredi, cette commission a entendu des anciens responsables de l'agence Moody's et ils n'y ont pas été par quatre chemins. Ils ont dénoncé une politique de croissance à tout prix, avec pour conséquence de faire passer certains analystes de l'agence sous la coupe de banques d'investissements, ce qui les a conduits à accorder des notations excessives à certains produits vendus par ces mêmes banques. Bref, le conflit d'intérêt classique, que le président de la commission d'enquête a stigmatisé en traîtant Mood'y's d'usine à triple A, en référence bien sûr à la meilleure notation des agences.

En Europe aussi

La Commission a déjà imposé aux trois agences de s'enregistrer dans les pays européens où elles exercent des activités et de respecter un certain nombre de règles. Mais elle veut surveiller encore plus ce métier de la notation financière en le faisant superviser par la nouvelle autorité européenne des marchés et en l'ouvrant à la concurrence.

L'Europe rêve de créer sa propre agence de notation pour briser l'oligopole américain. On n'en est pas encore là!

 

M.S. avec Françoise Gilain

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